Selon une étude, 60 % des enfants de ces familles vivant déjà en marge de toute socialisation le sont par des manœuvres délibérées des maires.
« Pas de place à l’école pour les enfants Roms en France ? » C’est par cette interrogation que l’European Roma Rights Centre (Errc) a titré un communiqué alarmiste, lundi. L’ONG a mené une étude sur la scolarité des enfants Roms, dont les résultats sont sans appel : « Dans 60 % des cas, la déscolarisation est due au refus des maires d’inscrire les enfants Roms à l’école. » L’Errc a procédé à des entretiens auprès de 118 Roms adultes, habitant dans six bidonvilles des Bouches-du-Rhône, du Nord et de Seine-Saint-Denis.
Les rejets subis lors des démarches pour scolariser les enfants, mis en lumière par cette étude, ont également été constatés par les associations et par les militants de terrain.
« Certaines municipalités font tout pour décourager les parents de scolariser leurs enfants », indique l’avocate Julie Launois. L’instruction en France est obligatoire pour tous les enfants de six à seize ans, quelle que soit leur situation.
Mais « les maires emploient des moyens détournés pour laisser les Roms hors de l’école, sans trop enfreindre la loi », poursuit l’avocate. « Certains affectent les enfants à l’école la plus éloignée du terrain où ils habitent, en espérant qu’ils ne s’y rendent pas.
D’autres opèrent un refus d’inscription à la cantine », poursuit-elle. Ce comportement a également été observé par Véronique Decker, directrice d’école à Bobigny et très engagée pour la scolarisation de tous. (...)