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Rue 89 / Nouvel Observateur
L’Europe et la Syrie : quand l’indifférence le dispute à l’indécence
Article mis en ligne le 25 avril 2014

Cent cinquante neuf réfugiés syriens, dont de nombreux enfants, installés sur un square à Saint Ouen depuis plusieurs semaines ; une courte médiatisation, quelques brèves dans nos journaux ; la décision du maire de cette commune d’Ile-de-France de « débloquer à titre exceptionnel » 1200 euros pour leur venir en aide et les loger le temps d’une nuit et enfin un semblant de solution (temporaire évidemment !) pour certains.

Pour les autres, il faudra attendre et se résigner à rester « sous le radar » de l’attention médiatique et politique.

Alors que le Liban, la Turquie, la Jordanie, l’Egypte et même l’Irak accueillent aujourd’hui près de trois millions de réfugiés Syriens, le sort de 159 hommes, femmes et enfants génère en France une controverse politique et administrative au cours de laquelle chacun se renvoie la balle. Il aura fallu l’intervention d’associations et de certains militants aguerris, et une médiatisation forcée pour que mairie et préfecture daignent se soucier de leur sort. Seulement 159 Syriens et la France semble incapable de « fidèlement, prendre sa part de la misère du monde ».

Fin mars 2014, 85 Syriens, dont 41 mineurs, appréhendés à leur descente d’un train Gare de Lyon se voyaient notifier leur « arrêté de reconduite à la frontière ». L’indifférence de nos responsables politiques face au sort des Syriens se révèle chaque jour plus indécente.

Sur 200 syriens recevant asile en Europe, un seul est en France (...)

Face à la barbarie et ce qui ressemble à l’indifférence des sociétés et responsables européens, crier, se révolter, s’indigner n’a apparemment plus grand effet. Chacun est informé de ce qui se passe, mais trop rares sont ceux qui s’activent au-delà de la gestion − au demeurant bien illusoire − de nos « apprentis jihadistes » européens. Si une intervention armée occidentale n’est plus envisagée, il reste, aux mains des dirigeants le levier humanitaire. Augmenter le quota de visas accordés aux réfugiés syriens s’impose indéniablement à celles et ceux des décideurs européens qui prétendent avoir conservé une part d’humanité. Gageons que comme j’ai su le faire en arrivant en Europe il y a trente ans, les quelques dizaines de milliers de Syriens sauront s’insérer dans les sociétés et apporter leur compétence et leur expérience en retour de notre générosité et de notre accueil, le temps que la situation s’améliore dans leur pays. Les peuples Européens peuvent pour leur part donner aux nombreuses associations qui aident les réfugiés ici, là-bas ou ailleurs. Ils peuvent aussi, et c’est bien peu de chose, commencer par ne pas oublier le sort des Syriens.