Quatre ONG signataires de la pétition "l’Affaire du siècle" déposent, mercredi 14 mars, un recours au tribunal administratif de Paris contre l’État pour "inaction climatique". C’est la première fois qu’une demande de cette ampleur est déposée. Mais a-t-elle réellement des chances d’aboutir ?
Cela faisait plusieurs mois que la pétition circulait sur Internet : "l’Affaire du siècle" est finalement portée devant la justice, ce 14 mars, par les quatre ONG signataires. Elles réclament chacune un euro symbolique pour le préjudice subi. Mais au-delà de cela, elles demandent surtout que le juge ordonne à l’État d’agir contre le réchauffement climatique, et de respecter ses engagements.
"L’Affaire du siècle" s’appuie sur deux articles de la Convention européenne pour la sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Ces textes demandent notamment aux États de "prendre les mesures nécessaires à la protection de la vie des personnes", y compris face aux enjeux environnementaux. (...)
La justice pourrait imposer à l’État d’agir
Trois scénarios sont envisageables, selon maître Clément Capdebos, l’avocat des ONG : d’abord, "le juge peut reconnaître que l’État a l’obligation d’agir pour le climat, ce qui serait une première. Aujourd’hui, cette obligation n’est pas inscrite juridiquement."
Ensuite, le juge pourrait reconnaître les manquements de l’État, autrement dit, l’écart entre les promesses et les actes. "D’un côté, l’État multiplie les engagements : réduire de 14 % les gaz à effets de serre d’ici 2020, diminuer la consommation globale d’énergie ou augmenter la part des énergies renouvelables. Mais de l’autre côté, ces efforts ne sont pas suffisants."
Troisième et dernier enjeu, "celui qui serait le plus fort" aux yeux de maître Capdebos : le juge pourrait enjoindre l’État à agir afin qu’il respecte ses engagements pour le réchauffement, en lui imposant donc des actes.
L’issue du jugement reste incertaine (...)
la procédure devrait s’étaler sur un à deux ans. La décision ne devrait pas tomber avant le printemps 2021. Avant cela, les ONG porteuses de "l’Affaire du siècle" appellent au rassemblement national le 16 mars prochain, sous le hashtag #LaMarcheDuSiècle.