La loi de dieu ou celle des hommes ? La question vient à nouveau secouer le débat sur le droit à l’avortement en Pologne. Des mouvements féministes viennent de lancer une pétition en ligne en soutien aux Polonaises dans leur lutte pour garantir l’accès aux services médicaux garantis par la loi pour leur santé reproductive.
Cette pétition vient en réponse à une nouvelle offensive anti-avortement dans le pays. Une « déclaration de foi », lancée en mai, a recueilli 3000 signatures de médecins et étudiants en médecine. Ils y « reconnaissent la primauté de la loi de Dieu sur celle des hommes », justifiant ainsi leur opposition à la contraception ou l’IVG et le recours à la clause de conscience.
Premier ministre contre autorité religieuses
Le recours à l’IVG est possible en Pologne uniquement en cas de malformation du fœtus, de menace sur la santé de la mère ou de viol/inceste. Mais même dans ces cas il n’est pas toujours possible d’avorter. Car « les médecins en Pologne utilisent déjà la clause de conscience à grande échelle », souligne la pétition. Un cas vient tout récemment d’illustrer ces abus, provoquant le débat dans le pays. (...)
Au-delà du cas de la clause de conscience, la pétition pro-IVG évoque également les pressions législatives pour limiter encore davantage la possibilité d’avorter. En 2012, un projet de loi visant à interdire l’IVG en cas de malformation du fœtus n’a été rejeté que d’une voix au parlement.
Les pressions sont également morales : la pétition évoque le cas d’une fillette de 11 ans enceinte après avoir été violée par ses deux cousins. En accord avec ses parents elle a choisi d’avorter mais « des éditorialistes conservateurs se sont mis à adresser à la jeune fille des discours moralisateurs, en lui demandant de ’ne pas assassiner un bébé à naître’ ». La Cour Européenne des droits de l’homme a déjà condamné la Pologne, en 2012, pour les entraves et le harcèlement subis par une jeune fille de 14 ans qui désirait avorter après un viol.