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« J’ai eu un patron qui m’interrompait tout le temps pour me dire “Waouh, tu as de beaux cheveux, tu sais” »
Article mis en ligne le 23 août 2017
dernière modification le 21 août 2017

Ellen Ullman, qui travaillait dans la programmation informatique dans les années 1970 et 1980, raconte l’évolution de sa carrière au milieu de la culture macho de la tech.

« Les gens s’imaginent que programmer est quelque chose de logique, un processus qui serait comme réparer une horloge », écrit Ellen Ullman dans son essai Outside of Time : Reflections on the Programming Life. « Rien n’est plus faux. » Écrire du code, c’est plutôt comme « une maladie, une fièvre, une obsession. C’est comme un voyage sans fin dans un train dont on ne peut pas descendre ».

Ullman a travaillé comme programmeuse informatique et développeuse pendant vingt ans, de la fin des années 1970, quand la profession puisait dans un vivier éclectique d’amateurs d’informatique, jusqu’au début des années 2000, quand elle est devenue auteure à temps plein. Le premier livre compilant ses articles, Close to the Machine : Technophilia and Its Discontents, publié en 1997, est vite devenu culte parmi les programmeurs ayant la fibre littéraire ou intellectuelle, grâce à son évocation extraordinaire des tourments et des extases du développement de logiciels. La prose d’Ullman est aussi élégante que son code et elle a publié deux romans salués par la critique. (...)

En général, plus grands sont les efforts pour amener des minorités dans le monde des technologies, plus la réaction est forte. Par exemple, en 2015, une conférence sur les jeux vidéo prévoyait d’organiser une présentation collective sur les femmes dans les jeux vidéo, un monde connu pour être très largement masculin. Les organisateurs ont reçu des menaces de mort exigeant le retrait de cette présentation et elle a été retirée.

Ici n’est pas le lieu pour se poser des questions sur les études scientifiques citées par Damore, qui débattent des effets de l’exposition aux hormones dans l’utérus. Mais je voudrais dire que, quoi qu’il arrive dans le ventre de la mère, à partir du moment où des enfants entrent en contact avec d’autres, leur cerveau entame un processus de changement tumultueux. Les connexions synaptiques sont alors renforcées ou affaiblies. Il ne s’agit pas d’inné et d’acquis mais des deux. Le cerveau est plastique et modifie continuellement sa propre organisation. Ma réaction générale au mémo a été de demander : pourquoi avons-nous besoin que les femmes soient impliqués au fond ? Pourquoi est-ce que le milieu technologique a besoin des minorités ? La réponse la plus courte, c’est qu’elles apportent de nouveaux points de vue. Elles secouent cette culture masculine ségréguée. Ce n’est pas un « impératif » politique, c’est une nécessité pour la saine évolution de la technologie. (...)