La mise en place du gouvernement Letta accueillant sept femmes (hourra !), dont une d’origine africaine, a été symboliquement forte. Mais les ovations ont été de courte durée. Autant le dire tout de suite, cela ne bouleversera pas le destin des Italiennes. Pire, on dirait que ça exacerbe le machisme de certains.
Il y a d’abord eu la polémique liée à Cécile Kyenge, qui, en plus d’être femme, est originaire de la République démocratique du Congo.
« Zouloue noire », « guenon » : voici les insultes qui ont été proférées à son encontre sur le Net et par certains politiques. Bienvenue dans la « République du bonga bonga », a clamé un élu de la Ligue du Nord.
Le Web a riposté à travers la « hashtag » (mot-clé sur Twitter) #iostoconCecileKyenge (je soutiens Cécile Kyenge) et une pétition de solidarité qui a recueilli 50 000 signatures. Ces voix ne sont qu’une minorité, a tenu à souligner la ministre. (...)
Difficile d’être une femme politique en Italie. Difficile d’être une femme tout court en fait.
Rappelez-vous cette manifestation incroyable de 2010 : les Italiennes, d’ordinaire si silencieuses, étaient sorties pour manifester contre l’image de la femme dans la société. Une image prisonnière de deux clichés : la bimbo ou la « mamma ». (...)