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Infanticide, nom féminin ?
Article mis en ligne le 13 mai 2014
dernière modification le 12 mai 2014

Dans les journaux, quand une mère tue son enfant, c’est un « infanticide », pas quand c’est le père. L’infanticide est un phénomène sous-estimé en France.

Page 9 du journal Le Monde daté de dimanche 11, lundi 12 mai, deux affaires tragiques classées « faits divers ». La première : un homme a poignardé et tué sa fille de trois ans après l’avoir séquestrée avec sa mère, son « ex-compagne ». La seconde : « un policier tue sa fille de quatre ans puis se suicide ». Les faits se déroulent au domicile de son ex-compagne. « Le policier n’aurait pas supporté qu’elle souhaite refaire sa vie ». A aucun moment, le mot « infanticide » n’est employé. Pourtant, le meurtre d’un enfant est un « infanticide » quel que soit l’auteur du meurtre (le mot désigne l’acte et la personne qui le commet).

Mais dans les journaux, le crime aura une connotation plus ou moins romanesque selon le sexe de l’auteur. Certains, comme L’Express voient dans les infanticides de la semaine dernière « un drame de la jalousie »... Eternelle ritournelle de ce que Natacha Henry appelle « l’immunité amoureuse ». Pourtant dans ces affaires, il n’est pas question d’amour mais plutôt de déséquilibrés possessifs. En revanche du côté des femmes infanticides, les journaux n’évoquent jamais le « drame de la jalousie ». Des difficultés psychologiques ou le désespoir sont en cause. (...)