Présenté en Conseil des ministres le 1er février, le projet de loi « pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » n’échappe pas au balancement entre « humanité » et « fermeté » qui rythme depuis trente ans le discours public sur l’immigration. Outre une réforme du système de l’asile visant à accélérer les procédures et des mesures destinées à « simplifier le contentieux administratif des étrangers », il met principalement l’accent sur deux objectifs : faciliter les expulsions et les reconduites à la frontière, et ouvrir une voie d’accès au séjour de plein droit aux étrangers en situation irrégulière exerçant une activité dans un secteur « en tension ».
(...) La rhétorique de l’équilibre résistera-t-elle aux débats houleux qu’ont engendrés ces annonces ? La droite et l’extrême droite se sont empressées de s’insurger contre cette « campagne de régularisation des clandestins », « véritable appel d’air pour des milliers de migrants ». L’opposition de gauche, divisée sur le sujet, oscille, elle, entre la satisfaction mesurée, la dénonciation d’une philosophie utilitariste et le prudent rappel des principes humanistes qui devraient guider toute politique d’immigration.
Chez les employeurs et dans le milieu syndical, la mesure ne fait pas non plus l’unanimité. (...)
La régularisation ouvrira-t-elle un droit pérenne au séjour ? Que se passe-t-il si le poste occupé ne fait plus partie des métiers « en tension » à l’expiration du titre de séjour ? (...)