En fait, la Bérézina des municipales n’a entraîné l’exécutif que dans l’accélération de la politique dictée par le Medef tant il est persuadé de la doctrine de Margaret Thatcher : « Il n’y a pas d’alternative au néolibéralisme » .
Après les simagrées ridicules de l’aile gauche du PS, le retrait politicien d’EELV, il ne restait plus au Premier ministre que de faire un discours schizophrène dont l’ambiguïté était palpable dès le début de sa présentation. Appliquant à la lettre, la règle du Cardinal de Retz devenu vertu théologale chez les néolibéraux de droite comme de gauche : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », nous avons eu affaire dès la première phrase de la déclaration du Premier ministre à un sommet inégalé de l’ambiguïté : « Trop de souffrances, pas assez d’espérance, telle est la situation de la France ».
Car bien évidemment, l’utilisation d’un des mots les plus ambigus de la langue française n’est pas un hasard. Bien sûr, tout le monde pourra,suite à ce discours, dire : « il faut plus d’espérance ». Donc, selon le Larousse « plus de sentiment de confiance en l’avenir », « plus d’espoir ». Mais selon l’église catholique, « L’Espérance avec la Foi et la Charité est une vertu théologale dont l’objet principal est le salut, la béatitude éternelle, la participation à la gloire de Dieu. »1
Comme la suite du discours du Premier ministre ne tranchait pas entre ces deux définitions, chacun interprétera à sa guise ce sommet de l’ambiguïté ! La suite est claire et nette comme le nez au milieu de la figure :
Feux d’artifice en ce qui concerne les cadeaux au patronat : (...)
Hollande et Valls vont devenir les Margaret Thatcher tricolores…
Quant à ce que Valls appelle la transition énergétique, cela n’a rigoureusement rien à voir avec une transition énergétique à la hauteur des enjeux. (...)
Supprimer la centrale nucléaire de Fessenheim sans dire ce que l’on fait de la filière nucléaire sur longue période est un déni d’information tant on sait que cette filière a des ombres portées de plusieurs décennies au moins. Même réaction avec l’annonce de la diminution des énergies carbone sans définir le but de long terme. Par ailleurs est-ce une bonne politique que de prôner les énergies renouvelables sans engager une réindustrialisation en France des matériels nécessaires au développement de ces énergies ? Car sinon, pas d’indépendance énergétique et accroissement du déficit commercial de la France. Ou encore peut-on dire en même temps que l’on souhaite le principe « pollueur-payeur » et en même temps ne rien faire pour favoriser les services publics de transports et le ferroutage pour donner le choix aux acteurs ? Car sinon, on va retomber dans l’hérésie de la taxation carbone de ceux qui ne peuvent pas faire autrement.
Autre sujet d’inquiétude : quelle est l’axe de la recherche énergétique française tant sur le plan de la recherche fondamentale (RF) que dans la recherche développement (R&D) ? Réponse : Le flou ? Rien ? (...)
La priorité est de répondre aux attentes du peuple. L’unité retrouvée du Front de gauche à l’occasion des européennes est un facteur d’espoir pour la construction d’un rapport de force pour ouvrir une alternative. La marche du 12 avril contre l’austérité qui a rassemblé à Paris plusieurs dizaines de milliers de personnes (voir dans ce numéro) a montré combien il était urgent de se rencontrer, de débattre, de s’engager. Et d’agir.