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Haute-Garonne : 16 passeurs arrêtés et condamnés à de la prison ferme en quelques mois
Article mis en ligne le 12 janvier 2022

La semaine dernière, deux hommes ont été condamnés par le tribunal de Saint-Gaudens, dans le sud-ouest de la France, à des peines de prison ferme pour avoir transporté des migrants depuis l’Espagne. Ils avaient été arrêtés la veille, au péage de Melles. Une route "moins surveillée" que celle qui mène au Pays basque, mais où les contrôles sont désormais renforcés.

"J’ai décidé d’appliquer la méthode forte". Jeudi 6 janvier, le procureur de la République de Saint-Gaudens Christophe Amunzateguy a mis sa menace à exécution. Deux hommes "coupables d’aide à l’entrée irrégulière d’étrangers en France", ont été condamnés par le tribunal à quatre et six mois de prison ferme. Ils ont également écopé d’une interdiction de territoire de cinq ans. Leurs véhicules, l’argent de leur trafic et leurs téléphones leur ont été confisqués.

Les deux jeunes hommes originaires d’Algérie – l’un vit en France depuis cinq ans - âgés de 26 et 29 ans, avaient été arrêtés la veille par la police aux frontières (PAF) à Melles, ville frontalière entre l’Espagne et la France, en Haute-Garonne. Ils transportaient quatre personnes en situation irrégulière dans deux voitures. Coût du transfert, pour les passagers : 1 200 euros au total, indique le journal local La Dépêche. (...)

Depuis septembre 2021, seize personnes au total ont été condamnées pour les mêmes faits, en comparution immédiate, par le tribunal de Saint-Gaudens. (...)

Quel que soit leur point d’arrivée dans la région, les véhicules partent presque tous de Lérida, en Espagne, et emmènent les passagers jusqu’à la gare Matabiau à Toulouse pour un tarif de 200 à 300 euros. "Cela se fait soit par les réseaux sociaux, en indiquant une place à Lérida où on peut trouver des gens qui peuvent vous transporter, soit par la famille, qui connaissait ces passeurs et en parlait", explique Christophe Amunzateguy.

Malgré l’augmentation des passages dans la région, d’après le procureur, "il n’y a pas de filière" de passeurs mais "des individus qui proposent leurs services". La plupart sont originaires du Maroc et d’Algérie et résident en Espagne avec des statuts précaires. (...)