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« Garder le cap » des marchés financiers ou reconstruire une gauche en perpétuel chantier ?
Article mis en ligne le 1er avril 2014

Une débâcle électorale, des éditorialistes qui appellent à « garder le cap » de l’austérité, la nomination de Manuel Valls à Matignon, une gauche perplexe et trop dispersée pour peser… Et les droites extrêmes qui montent, qui montent. Entre « garder le cap » des marchés financiers, voter pour la xénophobie ou reconstruire une gauche en perpétuel chantier, que choisir ? Jusqu’où nous emmènera cet attentisme infernal ?

« La défaite est, en réalité, une déroute, sans précédent ou presque depuis un demi-siècle. » Telle est l’analyse que tire Le Monde du résultat des élections municipales. La gauche – principalement le PS – a perdu 151 villes de plus de 10 000 habitants, et l’extrême droite en conquiert onze. On ne peut donc que partager ce constat. Les élans vites oubliés du « changement c’est maintenant » se sont traduits en bérézina. La débâcle annoncée dès le 1er tour n’a pas ému les électeurs qui avaient voté pour la gauche en 2008 et 2012. Avec un record de 36,3% d’abstention, ils ne se sont pas davantage mobilisés au second pour sauver le « socialisme municipal », y compris dans plusieurs bastions historiques, de Dunkerque à Limoges en passant par Bobigny. A ce niveau-là, ce n’est plus de l’« impatience » que les électeurs ont exprimée, comme le croit le ministre du Travail Michel Sapin, c’est une gigantesque raclée.

Rassurer les marchés financiers

Mais les conclusions du principal quotidien français sont pour le moins étonnantes : « Le chef de l’État ne saurait (…) changer de cap ou de calendrier sans mettre en péril ce qui lui reste de crédit à Bruxelles, sur les marchés financiers et, au bout du compte, dans le pays. » Première surprise : les intérêts des marchés financiers et ceux du pays – et donc de sa population – pourraient donc se concilier ! Un petit tour aux Etats-Unis, en Grèce ou en Espagne, ou, plus près, à Gandrange, Florange ou Géménos s’avère peut-être nécessaire.

Quant au « cap » évoqué, ce sont le « pacte de responsabilité » – 30 milliards de baisse de cotisations sociales pour les entreprises, sans contrepartie claire – et le « programme de désendettement et d’économies budgétaires » – comprenez : les mesures d’austérité, à hauteur de 50 milliards. Un cap dont personne, une fois qu’il sera franchi, ne sait où il mène. (...)

On aurait pu ajouter la révolutionnaire réforme bancaire ou l’alléchant accord commercial que l’Union européenne, donc le gouvernement français, et les États-Unis sont en train de négocier dans un ahurissant silence médiatique hexagonal. Sans oublier les « nouvelles menaces » climatiques (...)