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Marie-Claude Saliceti
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Rue 89 Bordeaux
Féminicide à Mérignac : l’inspection révèle des défaillances à tous les étages
Article mis en ligne le 10 juin 2021

La mission d’inspection sur le meurtre de Chahinez, le 4 mai dernier à Mérignac, a rendu son rapport ce mercredi au Premier ministre, et ses conclusions sont « glaçantes », selon Marlène Schiappa, ministre chargée de la Citoyenneté. Elles confirment une succession de dysfonctionnements des services de police et de justice dans le suivi de Mounir B., qui a brûlé vive son ex épouse en pleine rue.

Dès avant sa sortie de prison, où il purgeait une peine de 18 mois, dont neuf avec un sursis probatoire pour violences en récidive sur Chahinez, cette dernière avait porté plainte au commissariat de Bordeaux, le 7 aout 2020 : Mounir lui avait écrit et téléphoné à 36 reprises depuis la prison, malgré l’interdiction qui lui était faite d’entrer en contact avec elle.

Si Chahinez retire sa plainte le 2 octobre, le parquet n’est informé de sa démarche que le 10 décembre, et classe la procédure. Entretemps, Mounir B. est sorti de prison, bénéficiant d’une remise de peine, sans expertise psychologique ou psychiatrique. Son ex femme et l’avocate de celle-ci n’en sont pas informées.
Un plainte sans suites

Le 15 mars, Chahinez Daoud dépose une nouvelle plainte contre son mari, au commissariat de Mérignac, après avoir été violemment agressée devant un supermarché – Mounir l’aurait frappé à coup de poing et tenté de l’étrangler. L’agent qui prend sa plainte a selon l’inspection rempli les documents réglementaires, dont une grille d’évaluation du danger, de manière « partiellement illisible », fait remarquer le greffe du tribunal à la police, sans réaction de celle-ci.

Un avis de recherche est néanmoins lancé contre Mounir. Pourtant, alors que ce dernier se présente le 29 mars au commissariat de Mérignac pour se plaindre de ne pas pouvoir voir ses enfants, et qu’il décline son identité, personne ne tente de l’interpeller, alors que l’agent qui lui demande de cesser son scandale est le même que celui qui a pris la plainte de son ex femme…

Le 16 mars, lors d’une réunion du comité de pilotage Téléphone grave danger (TGD) pour les victimes de violences conjugales (dont ne bénéficiait pas Chahinez), le parquet est aussi mis au courant de la plainte. (...)

Afin d’établir si des sanctions disciplinaires doivent ou pas viser certains agents, un complément d’analyse a été demandé aux deux inspections générales de l’administration et de la justice. (...)