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Europe : vers une interdiction totale du clonage animal
Article mis en ligne le 16 septembre 2015
dernière modification le 9 septembre 2015

Plus aucun risque de trouver des animaux clonés dans son assiette ? C’est ce que souhaite le Parlement européen. Le 8 septembre, les eurodéputés ont voté à une large majorité en faveur d’une proposition interdisant le clonage de tous les animaux de ferme [1]. Cette interdiction s’étend aux descendants des animaux clonés, aux produits qui en sont dérivés et aux importations sur le territoire européen.

« Le Parlement a renforcé considérablement le texte proposé par la Commission européenne passant d’une mise à niveau d’un moratoire à une interdiction pure et simple, s’est réjouie l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi. Les parlementaires se sont assurés que cette interdiction vaudra non seulement pour la viande et le lait obtenus à partir de clones mais aussi de leurs descendants, là où réside la véritable menace ».

Depuis 1997, année de naissance de la brebis « Dolly », premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte, de nombreux citoyens européens se sont montrés préoccupés par les questions éthiques que soulève cette pratique. « Le clonage permet de reproduire ces animaux génétiquement manipulés (AGM) comme une photocopieuse en protégeant tout cela avec des brevets sur les techniques et sur les gènes, a également réagi José Bové après le vote. Nous nous sommes opposés aux plantes génétiquement modifiées et nous ne pouvons pas accepter le développement de ces technologies sur les animaux ». Le clonage ne sera cependant pas interdit à des fins de recherche, de conservation des espèces rares ou menacées, d’utilisation pour la production de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux.

Du bien-être animal à la santé des consommateurs

Jusqu’à maintenant, la commercialisation de produits alimentaires issus d’animaux clonés dans l’Union européenne nécessitait une approbation préalable à la mise sur le marché. Celle-ci se basait sur une évaluation scientifique par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Mais selon la co-rapporteure allemande de la commission de l’environnement, Renate Sommer (Parti populaire européen), « la technique du clonage n’est pas totalement mature, et en fait, aucun progrès n’a été fait grâce à elle ». Et de poursuivre : « Le taux de mortalité reste toujours aussi élevé. Bon nombre des animaux qui sont nés vivants meurent dans les quelques premières semaines, et ils meurent douloureusement. Devrions-nous permettre cela ? »

« Nous devons tenir compte de l’impact sur la santé des animaux, mais aussi sur la santé humaine, a précisé la co-rapporteure italienne de la commission de l’agriculture Giulia Moi, du mouvement Cinq étoiles. Ce rapport envoie le message à nos partenaires commerciaux que nous ne sommes pas disposés à mettre notre propre santé, la santé de nos familles, et celle des générations futures en jeu en nous servant de produits de qualité douteuse de cette nature. ». (...)