Dans « Sentir-penser avec la Terre », Arturo Escobar explique que la partition nature/culture, au cœur de la vision occidentale du monde, nous empêche de nous vivre comme une partie de celui-ci et nous conduit à le détruire. Dès lors, le projet émancipateur ne saurait se limiter à « changer le monde », mais à changer de monde.
(...) Des mouvements indigènes du Sud aux « zones à défendre » (Zad) du Nord, les conflits politiques renvoient à des visions divergentes quant à la composition du monde et aux façons d’en prendre soin. Autrement dit, à un conflit ontologique. Comment, à l’heure de la crise écologique et face à l’échec de la mondialisation, penser cette dimension ontologique de la politique ? Comment engager notre transition, en dialogue avec luttes des peuples non-occidentaux et les cosmologies non-modernes, pour habiter en conscience le plurivers, ce monde des mondes qu’est notre planète ?
Arturo Escobar, d’origine colombienne, est professeur d’anthropologie à l’université de North Carolina, aux États-Unis. Il est mondialement connu pour sa critique du développement et d’une domination occidentale responsable de l’appauvrissement des mondes (Encountering development, 1996 ; World Anthropologies, 2006). (...)