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Edition Sylepse
La conjuration des ego
Aude Vidal : La conjuration des ego. Féminismes et individualisme Editions Syllepse, Paris 2019, 96 pages, 7 euros
Article mis en ligne le 15 octobre 2019

Et si l’individualisme et le libéralisme, qui déterminent si fortement nos manières de considérer le monde, façonnaient aussi les mouvements politiques engagés pour la justice sociale et l’émancipation ? Aude Vidal interroge les nouveaux féminismes radicaux.

Le renouveau que connaît aujourd’hui le mouvement semble également le déborder sur ses marges : prostitution, inclusion des femmes trans et des personnes non-binaires, difficile articulation avec les pensées queer et décoloniales sont l’occasion d’autant de frottements/conflits.
Ringard et étriqué, le féminisme hérité de la deuxième vague ? Ou bien le foisonnement des féminismes d’aujourd’hui ne serait-il pas l’occasion de dérives libérales ? (...)

Comment accueillir ces questions qui renouvellent le féminisme, souvent de manière stimulante ou salutaire, sans rien céder sur la défense des femmes et de leur intégrité ?

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Introduction du livre d’Aude Vidal : La conjuration des ego. Féminismes et individualisme (...)
Des bonnes nouvelles, plus de variété dans nos rangs, des impasses, des concepts qui nous font nous demander comment on a pu vivre et penser sans, des sujets qui s’imposent enfin, des dérives aussi. Au milieu de ce foisonnement, il m’est arrivé, au point d’être en porte-à-faux avec mes camarades, de m’inquiéter de la destruction de certains acquis du féminisme. Car ceux-ci ne me semblent avoir perdu ni de leur pertinence, ni de leur urgence, et cet ouvrage est consacré à leur défense.

L’individualisme, qui nous fait perdre de vue interdépendances et solidarités, et le libéralisme, qui suppose des libertés qui ne sont pas toujours partagées, infusent partout. Nous les avons bien intégrés, jusque dans les milieux les plus attachés à la justice sociale et à l’émancipation. Aussi séduisantes soient-elles, des notions comme l’autodéfinition du genre ou le féminisme du choix, qui sont ici abordées, relèvent à mes yeux de cette vision délétère du monde social. Leur succès, et une convergence fortuite entre politiques libérales et milieux radicaux sur ce sujet, constitue une « conjuration des ego », soit un dévoiement des idéaux d’égalité et de justice (...)