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France Culture
Entre misogynie et mépris de classe, le mythe de la pétroleuse de la Commune
Article mis en ligne le 24 juillet 2022

Accusées à tort d’avoir incendié des bâtiments parisiens durant la Commune, les pétroleuses sont devenues un symbole féministe dans les années 1970. Voici comment s’est construit ce mythe, entre misogynie et mépris de classe.

C’est une histoire qui a marqué les Parisiens au XIXe siècle : des femmes accusées de mettre le feu aux immeubles pour venger les communards fusillés. Voici comment le mythe des pétroleuses, s’est construit, entre misogynie et mépris de classe.

Laure Godineau, historienne : “Ce qui a marqué les esprits, c’est cette participation des femmes à la Commune. Ça correspond à la frayeur que peuvent représenter les femmes qui participent à une insurrection avec cet imaginaire que les femmes participent à la violence politique sont même pires que les hommes dans cette violence.” (...)

Dans les années 1960, Édith Thomas, historienne féministe, contredit cette version de l’histoire grâce aux archives. Il n’y a jamais eu d’escouades de pétroleuses durant la Commune. Certains édifices ont été détruits par des obus incendiaires de l’armée versaillaise. Les incendies ont été allumés par des insurgés désespérés pour couvrir leur retraite et ralentir l’armée versaillaise. (...)