
(...) Dans ce village tapi contre une colline verdoyante, dont la plupart des 3.000 habitants se consacrent à l’agriculture de subsistance ou travaillent comme journaliers, une trentaine de Roms ont rejoint ce programme, espérant que leur savoir-faire les aidera à échapper à la pauvreté qui caractérise leur communauté.
Seuls 27% des Roms roumains en âge de travailler ont un emploi stable, selon une étude réalisée pour la fondation Soros.
(...) "Il s’agit d’un projet d’économie sociale qui vise à assurer des revenus constants aux personnes qui y participent, mais aussi à améliorer la vie de la communauté, en créant par exemple des écoles maternelles", a déclaré à l’AFP Luis Turcitu, le responsable local de Romano Cher.
Un deuxième volet prévoit l’organisation d’ateliers itinérants pour permettre au public de voir les artisans Roms au travail et même de s’essayer à créer un bracelet ou à battre un fer à cheval.
Comme Cristina, mère de deux fillettes qui s’appliquent à tresser une corbeille dans une tente érigée à Vama Veche, station balnéaire au bord de la mer Noire : "Il est bien cet atelier, car on découvre un côté des Roms qui tranche avec l’image négative qu’en donnent généralement les médias", observe-t-elle.
Bénéficiant de cinq millions d’euros de fonds structurels de l’Union européenne, ce projet "vise à créer le chaînon manquant entre le savoir-faire des Roms et la demande du marché", explique Mircea Nanca, directeur de communication de KCMC.
Et alors que d’autres programmes prônent la reconversion comme moyen d’insertion sociale, "Romano Cher veut intégrer les Roms en revalorisant leurs occupations traditionnelles", ajoute-t-il, insistant sur le "lien étroit entre métier et identité culturelle" dans cette communauté. (...)
"Ce projet sera une réussite si, au-delà des paroles, les gens avec lesquels on travaille sentent que leur vie s’est améliorée et si la perception des Roumains à l’égard des métiers et de la culture des Roms change un tant soit peu", dit-il.
La minorité rom de Roumanie compte officiellement 535.000 membres, mais selon les ONG ils seraient en fait quelque 2 millions dans un pays de 22 millions d’habitants. (...) Wikio