L’usine et la mine d’Hazelwood, qui emploient 750 personnes et produisent jusqu’à 5 % de l’électricité du pays, cesseront de fonctionner le 31 mars.
L’annonce était attendue depuis des semaines en Australie malgré les démentis d’Engie (ex-GDF Suez). Le groupe énergétique français a finalement annoncé, jeudi 3 novembre, la fermeture de la centrale à charbon d’Hazelwood, dans le sud du pays. Celle-ci est souvent présentée comme la plus polluante d’Australie, et même l’une des plus sales du monde. La centrale, qui emploie 750 personnes et produit jusqu’à 5 % de l’électricité du pays, cessera de fonctionner le 31 mars.
Les défenseurs de l’environnement ont salué la nouvelle. « La fermeture d’Hazelwood est une étape importante et nécessaire. Si nous voulons répondre au changement climatique, nous avons besoin de fermer au plus vite les centrales à charbon et en premier lieu, les plus sales comme Hazelwood », a réagi Mark Wakeham, le président d’Environment Victoria. (...)
Colère des habitants
Dans l’Etat du Victoria, c’est surtout les pertes d’emploi qui ont retenu l’attention. Le premier ministre, Daniel Andrews, a déploré « un jour très très triste pour la communauté ». Environ 250 personnes continueront de travailler jusqu’en 2023 pour la réhabilitation du site d’Hazelwood. La mine, profonde de 100 mètres en moyenne, pourrait devenir un lac, selon Engie. Le gouvernement fédéral a annoncé un plan de 43 millions de dollars australiens (29,7 millions d’euros) pour soutenir les salariés et la région, qui recevront en outre 22 millions (15,2 millions d’euros) de la part du Victoria.
« Les gens sont en colère contre Engie, qui a nié jusqu’au dernier moment une fermeture », dénonce Wendy Farmer, de l’association Voices of the Valley, qui regroupe des habitants de la région. (...)
Pour le directeur d’Environment Victoria, la fermeture d’Hazelwood ouvre la voie aux investissements dans les énergies renouvelables. « Cela rendra l’Etat du Victoria plus attractif pour lancer des projets dans l’énergie propre », se félicite Mark Wakeham. En juin, l’Etat du Victoria s’est engagé à ce que 40 % de son électricité provienne des énergies renouvelables d’ici à 2025, contre 14 % aujourd’hui.