Avec 37 milliards de tonnes de CO2 (dioxyde de carbone, aussi appelé gaz carbonique) injectées dans l’atmosphère chaque année, l’humanité bat d’un facteur 10 le taux d’injection record mesuré dans les sédiments océaniques déposés depuis 66 millions d’années, date qui marque l’extinction des dinosaures. Le climat risque d’être déstabilisé d’une façon inédite. Il est donc difficile de prédire l’état de la Terre dans les siècles à venir.
Sommes-nous à l’abri d’une catastrophe climatique ? Rien n’est moins sûr. En effet, c’est précisément dans les systèmes dynamiques non linéaires décrits par des équations différentielles que peut s’introduire le chaos. Leur futur devient alors imprévisible et un état d’équilibre peut soudainement disparaître, conduisant le système à évoluer jusqu’à ce qu’il se produise littéralement une catastrophe, au sens usuel du terme – et pas seulement au sens de mathématiciens comme René Thom (rappelons que le terme vient du latin catastropha, lui-même venant du grec ancien katastrophế qui signifie « renversement »).
Les climatologues ne peuvent plus garantir qu’il ne se produira pas un tel évènement si la température moyenne de la planète s’élève de plus de deux degrés à cause des gaz à effet de serre. C’est pourquoi ils fouillent les archives climatiques en espérant y trouver des informations cruciales sur l’avenir de la Terre. (...)