(...) Nouvelle rock star, Valérie Masson-Delmotte ? La paléoclimatologue (spécialiste des climats du passé) et directrice de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) croule en tout cas sous les sollicitations. Depuis quelques années, sa notoriété va certes croissant, elle a déjà été récompensée par de multiples prix, et classée parmi les cent personnalités les plus influentes de l’année 2022 par le magazine Time. Mais son intervention au séminaire gouvernemental, le 31 août, lui a encore fait franchir une nouvelle dimension médiatique. Cette combattante infatigable pour le climat, à 50 ans, est devenue incontournable, en France comme à l’étranger.
Depuis le début du mois, la coprésidente du groupe 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) enchaîne les interventions sur les plateaux de télévision ou sur les radios, les formations – des cadres de la fonction publique à Nanterre comme des parlementaires Renaissance –, les passages dans des festivals, les longs threads pédagogiques sur Twitter et les relectures de rapports ou d’articles. Habituée de longue date à parler à tous les publics, les dirigeants comme les collégiens ou les salariés, elle se sent pour la première fois submergée. Elle laisse son portable éteint et ne peut plus lire tous ses e-mails. « C’est très désagréable, car, normalement, je réponds à tout le monde. » « Avec le temps, j’ai appris à dire non », assure celle qui affiche à son compteur environ 200 interventions publiques par an. (...)
« Non », c’est aussi ce qu’elle a répondu à Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, qui lui proposait d’intégrer le gouvernement, après la réélection d’Emmanuel Macron. « Je ne veux pas être un prête-nom et, surtout, je ne pense pas avoir les compétences nécessaires. Peut-être aussi que je ne suis pas assez hypocrite » (...)