Depuis plusieurs semaines, les tentatives de traversée de la mer Égée se multiplient depuis les côtes turques. Selon Athènes, les garde-côtes grecs ont empêché l’arrivée de 40 000 migrants depuis le début de l’année. Sans jamais la nommer, la Grèce accuse la Turquie d’ouvrir sciemment les vannes de l’immigration vers le Vieux continent.
Depuis le retour des beaux jours en Grèce, le ballet cauchemardesque recommence au large des îles grecques. Dès l’aube, canots, voiliers et autres embarcations de fortune remplis de réfugiés approchent lentement depuis l’horizon, profitant de l’étroite frontière maritime qui sépare la Grèce de la Turquie.
"À peine 2 km entre Samos et la première côte turque", précise Eleftheria Petridou, du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) de Samos. La semaine dernière, 750 personnes ont été empêchées de terminer leur traversée et de se rendre en Europe via la Grèce. Un "record", selon les garde-côtes grecs qui affirment avoir bloqué l’entrée sur le territoire européen de plus de 40 000 personnes depuis le début de l’année.
À en croire les données officielles, plus de 3 000 demandeurs d’asile sont arrivés dans le pays depuis janvier, dont environ 1 000 pour le seul mois d’avril. Des chiffres en nette hausse après une période de confinement prolongée freinant l’accès à la Grèce. (...)
Et si Ankara avait sciemment laissé passer ces migrants ? Car ce nouveau flux migratoire n’est pas sans rappeler celui de février 2020 quand la Turquie avait ouvert les vannes de l’immigration incitant des milliers d’exilés à forcer la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, le long du fleuve Evros. (...)
Escalade verbale entre Athènes et Ankara (...)
Pendant 41 minutes, le chef du gouvernement grec a pointé du doigt les menaces et violations de son espace aérien et maritime opérées par la Turquie - sans jamais la nommer.
La réponse de Recep Tayip Erdogan, ne s’est pas fait attendre. Le président turc a rétorqué que le Premier ministre grec "n’existait plus à ses yeux" et que de facto, tout dialogue entre les gouvernements respectifs étaient gelés. (...)
Mais alors que l’escalade verbale continue, Ankara ne semble plus respecter les accords signés avec l’UE en 2016, l’engageant à freiner le flux migratoire vers le Vieux continent en échange d’une importante somme d’argent.
La Grèce renforce ses frontières
Inquiet, le gouvernement grec a donc décidé de renforcer ses frontières. (...)
La presse grecque évoque déjà un retrait possible des unités de Frontex de Grèce, ce qui inquiète Athènes. Cette dernière redoute de se retrouver seule face aux menaces migratoires turques à l’approche d’un été qui s’annonce sous tensions.