Comme dans de nombreux autres océans du globe, les eaux d’Australie ne sont pas épargnées par les déchets de plastique. À leur surface pullule une biodiversité étonnante d’êtres unicellulaires et même de petits invertébrés qui, pour certains, pourraient aider à débarrasser la surface de la mer de ces indésirables. Mais on ignore l’effet réel de ce grignotage.
La matière plastique déversée dans le monde marin ne cesse d’augmenter chaque année. Par des chocs incessants, les débris se fragmentent, se démultiplient et se réduisent en taille. Dans certaines zones de la planète, ces microplastiques se concentrent parfois à plus de 100.000 fragments par km2.
Dans cette soupe de déchets microscopiques, il n’est guère surprenant de voir des micro-organismes y élire domicile. La plastisphère est le nom que porte ce nouvel écosystème marin qui se développe sur les déchets plastiques.
Ces colonisateurs joueraient un rôle dans le devenir de leur support artificiel, notamment au niveau de leur fragmentation et de leur flottabilité (...)
Selon les scientifiques, ces micro-algues pourraient diminuer en surface la quantité de microplastique, dans le sens où leur poids croissant finirait par faire couler leur support. Cette chute de plastique dans les profondeurs des mers pourrait expliquer pourquoi le plastique flottant n’augmente pas autant que ce qui était attendu, supposent les chercheurs. Un phénomène qui déplace mais n’élimine pas pour autant les déchets de plastique de l’écosystème marin.
Également recensés, des microbes qui participeraient à la désintégration du plastique en interagissant avec sa surface. Les auteurs de ces travaux suggèrent que ces organismes mangeurs de plastique pourraient devenir une solution biotechnologique pour une meilleure gestion de l’élimination des déchets en mer.
Cela étant dit, on sait encore peu de choses de l’impact de l’ingestion par ces microbes marins de plastique, un matériau perméable à des polluants. Ceux-ci peuvent alors se libérer dans l’organisme, s’accumuler dans les tissus de ces proies potentielles microscopiques et ainsi s’accumuler dans les réseaux trophiques, jusqu’aux gros poissons, aux baleines et à l’être humain.