
Une enquête menée dans trois pays révèle que les représentations sociales liées au genre apparaissent dès le plus jeune âge.
Publiée début janvier dans la revue Sex Roles, l’étude des scientifiques de l’Institut des sciences cognitives, en collaboration avec les universités d’Oslo, de Lausanne et de Neuchâtel révèle que la plupart des enfants associent pouvoir et masculinité dès l’âge de 4 ans. (...)
Les chercheurs ont observé et analysé les réactions d’environ 900 enfants âgés de 3 à 6 ans et habitant dans trois pays différents : la France, le Liban et la Norvège. Ils en ont conclu qu’à partir de 4 ans, une très grande majorité d’enfants attribuent plus de pouvoir aux figures masculines qu’aux figures féminines. Lors d’une première expérience, les chercheurs ont exposé les enfants à une image où figuraient deux petits personnages violets non genrés dont l’un adoptait une posture physique de dominance et l’autre davantage une posture de subordination. Les enfants devaient d’abord deviner lequel de ces personnages exerçait du pouvoir sur l’autre. Ils étaient ensuite amenés à définir le genre de chacun d’eux. Résultat : l’association pouvoir-masculinité a été observée aussi bien chez les garçons que chez les filles. (...)
À la grande surprise des chercheurs, les résultats ne divergent pas selon le pays d’origine des enfants. Quel que soit le lieu où ils grandissent, les enfants associent pouvoir et masculinité dans la majorité des cas. « Cela nous a beaucoup intrigué, confie Jean-Baptiste Van Der Henst. On s’attendait à observer des disparités. La Norvège est l’un des pays où on constate le moins d’inégalités entre les femmes et les hommes. Pourtant, il n’y a pas de différence significatives dans les résultats de notre recherche avec ceux du Liban, pays nettement moins bien classé sur le plan de l’égalité femme-homme. » (...)