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l’Express
David Dufresne, le journaliste anti-violences policières
Article mis en ligne le 3 mai 2019

Qui est David Dufresne, journaliste qui recense toutes les violences policières ?

Cet ancien de "Libération", devenu enquêteur indépendant, signale les abus depuis le début du mouvement des gilets jaunes.

Il a nettement contribué à la médiatisation des violences policières à l’encontre des gilets jaunes, alors que de nombreux médias ont mis du temps pour mettre des mots sur le phénomène.

David Dufresne, 50 ans, alerte inlassablement la place Beauvau sur Twitter, signalant au ministère de l’Intérieur les personnes violentées par la police. "Dav Duf" comme il se nomme sur le réseau social, emploie toujours la même formule, devenue sa signature : "Allô, c’est pour un signalement." (...)

Qui est David Dufresne, journaliste qui recense toutes les violences policières ?

LE Média / YouTube
Cet ancien de "Libération", devenu enquêteur indépendant, signale les abus depuis le début du mouvement des gilets jaunes.

Il a nettement contribué à la médiatisation des violences policières à l’encontre des gilets jaunes, alors que de nombreux médias ont mis du temps pour mettre des mots sur le phénomène. David Dufresne, 50 ans, alerte inlassablement la place Beauvau sur Twitter, signalant au ministère de l’Intérieur les personnes violentées par la police. "Dav Duf" comme il se nomme sur le réseau social, emploie toujours la même formule, devenue sa signature : "Allô, c’est pour un signalement."

Un journaliste spécialisé dans le maintien de l’ordre

Souvent, les images qu’il relaie sont dures. Les vidéos de blessés difficiles à regarder. David Dufresne, a été journaliste à Libération, iTélé, enquêteur pour Médiapart. Le spécialiste du maintien de l’ordre devient indépendant dans les années 2000. Il sort un documentaire en 2007, diffusé sur France 2, intitulé Quand la France s’embrase, afin de revenir sur les émeutes de 2005 dans les banlieues. (...)

"Ce métier que j’avais tant aimé, ce journalisme à la Tintin, tel qu’il était devenu, je n’y croyais plus", se remémore-t-il, ne souhaitant plus tomber dans "l’urgence, la précipitation, le rendement, le suivisme."

Non content d’être un réalisateur reconnu, David Dufresne écrit aussi des livres : en 2012, Tarnac, magasin général [Fayard]revient sur l’arrestation, par 150 policiers, d’une dizaine de membres d’une communauté installée à Tarnac, en Corrèze. Ils sont soupçonnés d’avoir saboté quatre lignes de TGV. L’auteur, qui a fait trois ans d’enquête, mêle interviews, portraits, opinion personnelle et procès-verbaux dans cet ouvrage collage consacré au contre-terrorisme français, où il dénonce un "terrible fiasco". Salué par la critique, son livre est récompensé aux Assises du journalisme. (...)

Il recense tous les blessés "filmés"

Quand le mouvement des gilets jaunes débute, David Dufresne revient rapidement à sa spécialité, le maintien de l’ordre. Depuis le 4 décembre, le journaliste recense les blessés, les victimes de violences policières qui ont été filmées. (...)

Il n’y a jamais eu autant de mutilés, des gens qui perdent un oeil. Perdre un oeil, c’est pour la vie. Et ils sont des dizaines." Effaré, David Dufresne en est - à l’heure où nous écrivons ces lignes - à son 310e signalement au ministère de l’Intérieur. (...)

David Dufresne dit compter les blessés graves, "mais aussi des insultes et menaces lancées par des policiers ou encore des destructions de téléphones portables." "Les émeutes de 2005 se sont déroulées tous les jours, toutes les nuits, trois semaines durant, et elles ont engendré moins de débordements que lors des manifestations hebdomadaires des gilets jaunes," affirme-t-il. (...)

Le journaliste s’étonne par ailleurs du manque de traitement de ces violences, dans la presse ou à la télévision au début du mouvement. "Le silence médiatique fait aussi partie de la violence exercée, c’est ce qui remonte des témoignages que j’ai reçus, déplore-t-il. La police s’autorise aussi ces coups parce qu’il n’y a pas de répercussion médiatique. Ce déni politique et médiatique est antirépublicain." Pour David Dufresne, qui affirme n’avoir reçu aucune réponse officielle de la place Beauvau, le but est d’être "à la hauteur de l’époque", confie-t-il au Média. "Interpeller le ministère de l’intérieur, il me semble que ça vaut le coup de le faire."