Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Les Nouvelles News
Dans la loi Santé, des propositions contre l’incitation à l’anorexie
Article mis en ligne le 16 mars 2015

Le député Olivier Véran veut interdire aux agences d’embaucher des mannequins à l’Index de masse corporelle trop faible, et lutter contre les sites internet qui incitent à la maigreur excessive.

Interdire les mannequins trop maigres ? Olivier Véran, l’un des rapporteurs du projet de loi Santé, doit déposer lundi 16 mars deux amendements anti-anorexie : il entend empêcher les agences de mannequins de faire travailler des personnes en état de dénutrition. Et interdire les sites internet faisant l’apologie de l’anorexie. La ministre de la Santé Marisol Touraine a indiqué soutenir ces propositions.

Dans un premier amendement le député, par ailleurs neurologue au CHU de Grenoble, prévoit ainsi de modifier le code du travail afin que les agence attestent, par certificat médical, que l’Index de Masse Corporelle (IMC) des mannequins qu’elles emploient est supérieur à une valeur donnée (l’IMC correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2).

Un deuxième amendement d’Olivier Véran entend lutter contre « l’incitation à la maigreur excessive » en en faisant un délit. Il prévoit d’interdire les sites internet qui font « l’apologie de l’anorexie ».

"Idéal minceur inaccessible"

L’idée n’est pas nouvelle. En 2008, l’Assemblée nationale avait adopté une proposition de loi de la députée UMP Valérie Boyer « visant à lutter contre les incitations à la recherche d’une maigreur extrême ou à l’anorexie ». Mais le texte avait été enterré au Sénat. (...)

L’Organisation mondiale de la santé considère qu’une personne est en sous-poids si son IMC est inférieur à 18,5 - ce qui concerne 5% des personnes en France. Et en état de maigreur excessive s’il est inférieur à 16. Mais la légitimité de cet indice est contestée. Faire de l’IMC « une référence légale » n’est pas « un choix satisfaisant, étant donné son caractère sommaire et essentiellement destiné à lutter contre l’obésité dans le cadre de comparaisons internationales », notait en 2008 un rapport du Sénat.

Les adolescentes premières concernées

L’amendement d’Olivier Véran ne prévoit pas d’IMC limite, laissant à la Haute Autorité de Santé le soin de le fixer. D’autres pays ont déjà pris des mesures similaires. (...)

Selon les estimations officielles, 30 000 à 40 000 adolescents - des filles à 90% - souffrent d’anorexie mentale en France. En 2012 l’Inpes, Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, relevait qu’un tiers des collégiennes se trouvent trop grosses. Alors que dans les faits seulement 10 % des collégiens sont en surpoids – et les filles encore moins que les garçons.

Le projet de loi Santé, porté par Marisol Touraine, sera examiné en séance à l’Assemblée nationale à partir du 31 mars. Il est contesté par les médecins, qui s’opposent en particulier à la généralisation du tiers-payant. L’IVG est un autre point du texte appelé à faire débat (Voir : IVG : la double clause de conscience contestée).