
Selon des géologues japonais, un nouveau séisme de forte magnitude pourrait se produire à Fukushima. Des experts et des diplomates pointent le danger d’une nouvelle catastrophe, dont la gravité surpasserait largement Tchernobyl.
(...) Selon une étude publiée mi-février 2012 par la European Geosciences Union [2], conduite par trois chercheurs, le risque sismique sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima s’est accru depuis le séisme de magnitude 9 qui a frappé le Japon le 11 mars 2011. Exploitant des données qui concernent 6000 séismes survenus au Japon de juin 2002 à octobre 2011, les auteurs de l’étude montrent que le séisme du 11 mars a réactivé une faille sismique proche de la centrale. (...)
Bien qu’ils ne puissent pas prédire quand un tremblement de terre se produira à Fukushima Daiichi, les chercheurs affirment que les fluides ascendants observés dans la zone indiquent qu’un tel événement est susceptible de se produire dans un futur proche. (...)
Pour Hiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche Nucléaire Universitaire de Kyoto, "Si la piscine devait s’effondrer à cause d’un nouveau gros séisme, les émissions de matières radioactives seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire d’Hiroshima." (...)
Akio Matsumura, diplomate ayant travaillé trois décennies pour divers organes des Nations-Unies et d’autres institutions internationales, estime qu’un effondrement de la piscine n°4 en cas de séisme "détruirait l’environnement mondial et notre civilisation. Ce n’est pourtant pas sorcier, et ce n’est pas non plus en rapport avec le débat vigoureux pour ou contre les centrales nucléaires. C’est une question de survie de l’humanité." Il insiste : "Il n’est pas exagéré de parler de catastrophe mondiale."