« Fora Bolsonaro ! » (« Dehors, Bolsonaro ! ») : le sous-titre implicite de la 18ème édition du Campement Terre Libre, « Retomando o Brasil : demarcar territórios e aldear a política » (« Reprendre le Brésil : démarquer les territoires et indigéniser la politique »). Ce cri du cœur s’est fait entendre avec force lors du deuxième et troisième jour de l’événement, soulignant la politisation des populations indigènes ainsi que leur mobilisation infatigable pour lutter contre le projet de loi 191/2020 en cours d’élaboration par le gouvernement brésilien.
La 18ème édition du Campement Terre Libre a eu lieu en avril 2022 à Brasilia. Organisée par Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (APIB), il s’agit de la plus grande manifestation de peuples indigènes au Brésil. L’objectif de ce rassemblement, mené annuellement depuis 2004, est de mettre en lumière la lutte des populations indigènes et de mobiliser les différentes communautés et organisations indigènes du pays contre les menaces et atteintes à leurs droits fondamentaux.
Au 3ème jour du Campement Terre Libre, les représentants indigènes ont adressé une lettre ouverte au gouvernement contre le projet de loi 191/2020 qui pourrait, à terme, autoriser l’exploration et l’exploitation minière et pétrolière, la production d’énergie hydroélectrique, et l’agriculture intensive, sur les terres indigènes jusqu’ici protégées par la Constitution de 1988.
La mobilisation prévient que ce projet de loi consiste à “ouvrir la porte au passage du troupeau”. Le gouvernement actuel veut favoriser la spéculation immobilière sur les territoires indigènes, encourager l’invasion de l’agro-industrie avec ses pesticides et transgéniques et le défrichement des forêts pour l’élevage du bétail. En cœur, les nombreux indigènes présents à ce campement scandent alors “Dehors Bolsonaro” comme on le voit dans la vidéo ci-dessous partagée par la Cimi.
La Lettre ouverte contre la PL 191/2020 vise à mobiliser les signatures de parlementaires, personnalités, institutions, organisations et mouvements sociaux au Brésil et à l’étranger. Le document est également ouvert pour recevoir des signatures de particuliers.
« La forêt est vivante. Elle ne mourra que si les blancs continuent à la détruire. S’ils réussissent, les rivières disparaîtront sous terre, le sol s’effondrera, les arbres se dessècheront et les rochers se fissureront sous la chaleur. »
– Davi Kopenawa, dans « La chute du ciel : paroles d’un chaman Yanomami »
Le peuple brésilien doit connaître les graves impacts économiques, sociaux et environnementaux qui pourraient résulter de l’approbation du Projet de Loi (PL) n° 191/2020, non seulement pour les peuples autochtones, mais pour nous tous.
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La législature actuelle ne peut pas entrer dans l’histoire comme soutien de la destruction des peuples et des terres autochtones. Écoutons le cri de la forêt. Nous tous, députés, députées, sénateurs et sénatrices, quelles que soient nos positions politiques et idéologiques, devons nous battre pour ne pas porter cette tache indélébile. Et, pour cela, nous comptons sur le soutien de la population brésilienne ! (...)