Le gouvernement maltais envisage d’avoir recours à des entreprises privées pour louer un bateau et un équipage capables d’organiser des mises en quarantaine de migrants contaminés au coronavirus. Le prix d’une telle opération pourrait osciller entre 12 400 euros et 150 000 euros la journée.
Pour se protéger du Covid dont pourraient être atteints des migrants nouvellement arrivés, Malte se tourne vers des solutions coûteuses. Fin juillet, les autorités maltaises ont annoncé qu’elles envisageaient de placer désormais les migrants en quarantaine à bord de bateaux, une fois que ces personnes ont été recueillies en mer, et ont lancé un appel d’offre, indique le journal maltais Times of Malta.
Malte recherche ainsi un bateau qui pourrait accueillir jusqu’à 200 migrants contaminés par le coronavirus pour des quarantaines allant jusqu’à un mois. En plus de la location du bateau, les entreprises candidates doivent inclure dans leur devis la prise en charge de la nourriture, du nettoyage, de l’essence, de la sécurité, et fournir un équipage, précise encore le quotidien local. (...)
L’une de ses offres, la moins onéreuse, provient de la société Gulf Fisheries Ltd, toujours selon le média maltais. Cette entreprise est impliquée dans un scandale de "push-backs" vers la Libye révélé en avril : des migrants interceptés dans les eaux maltaises avaient finalement été ramenés vers Tripoli, leur point de départ.
27 migrants en attente de débarquement sur le tanker danois Maersk Etienne
À l’image des quarantaines mises en place sur des bateaux en Italie, Malte entend, grâce à cette option, mieux contrôler les entrées sur son territoire pour éviter une propagation du virus. (...)
L’appel d’offre lancé par Malte survient alors qu’un tanker danois, le Maersk Etienne, attend depuis plusieurs jours au large de l’île de pouvoir débarquer les 27 migrants à son bord, qui ont été secourus le 5 août. "Comment est-ce possible que ces personnes soient toujours là, dans l’impossibilité de demander l’asile ?", s’est offusqué Alarm Phone, la plateforme d’appel d’urgence en Méditerranée.
Au plus fort de la pandémie de Covid-19, Malte avait fermé ses ports à tous les navires, y compris ceux ayant recueilli des migrants.