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Mediapart
Coup d’arrêt juridique à la chasse aux danseuses enceintes du ballet de Nice
Article mis en ligne le 14 octobre 2020
dernière modification le 13 octobre 2020

Gaëla Pujol, soliste du ballet de Nice, accusait Éric Vu-An, directeur artistique employé par la mairie, de discrimination après avoir été renvoyée au prétexte qu’elle attendait un enfant. Le tribunal administratif lui a donné raison.

Deux ans et demi après avoir été éjectée du ballet de Nice par Éric Vu-An, protégé du maire Christian Estrosi, la danseuse étoile Gaëla Pujol, qui avait porté plainte pour discrimination, vient d’être confortée par une décision du tribunal administratif de Nice (lire ci-dessous). Au nom du peuple français, cette juridiction affirme en effet qu’il n’est pas juste ni tolérable de pratiquer une discrimination à l’encontre d’une femme enceinte, même si celle-ci ne bénéficie que de contrats précaires.

Une telle décision fera date et s’inscrit dans cette sorte de 1789 du genre que vit la France, et même la planète, depuis les révélations de l’affaire Harvey Weinstein en octobre 2017. Certes, des freins patriarcaux sont actionnés, comme en témoignent les moyens de défense de la mairie de Nice, tous balayés cependant dans son jugement par le tribunal administratif de la ville – visiblement sensible aux arguments de l’avocate de la plaignante, Me Sylvie Topaloff.

Un tel jugement n’est pas définitif puisque la mairie a deux mois pour interjeter appel. Par ailleurs, on notera que le tribunal administratif a le pouvoir d’annuler la décision de bannir Gaëla Pujol, mais n’a pas le pouvoir d’ordonner sa réintégration. La mairie se voit cependant sommée de revoir sa décision en la matière. Enfin, une phase d’indemnisation de la victime devrait suivre. (...)

Nous mettons à nouveau en ligne, ci-dessous, notre enquête du 23 avril 2018 sur les dessous et les coulisses d’une affaire ayant valeur de signe des temps… (...)