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Contre le lobby minier, des écologistes jouent la comédie
Article mis en ligne le 16 juin 2017

À l’occasion du colloque Mines de France, plusieurs associations opposées à l’exploitation minière ont joué la comédie aux portes de l’École des Mines. Pour transmettre « un modeste message à ce lobby : il y a des habitants sur ces territoires, et nous n’acceptons pas la prédation »

(...) C’est par l’humour que les associations écologistes ont décidé d’atteindre les participants au colloque Mines de France ce jeudi 15 juin à l’École des Mines de Paris — c’est la plus ancienne école de France, qui forme des ingénieurs généralistes de haut niveau. Venus prêter leur voix et renforcer l’auditoire, une grosse vingtaine de militants sont présents : les membres d’Attention Mines opposés au projet minier de Silfiac (Morbihan), ceux de Desterresminées35, qui luttent contre celui de Merléac (Côtes-d’Armor), les bénévoles de Maiouri nature Guyane qui défendent le sous-sol guyanais et les militants de Stop mine Salau (Ariège). En décor de la représentation, une carte des projets miniers en France, et une longue banderole « La France n’est pas minable », écrit blanc sur noir.

« Des occasions en or, comme en Guyane en ce moment »

La Guyane part finalement pour le prix d’une cacahuète. Il est 12 h 30, industriels, professeurs et fonctionnaires spécialistes de l’aménagement du territoire sortent déjeuner. Ils jettent un coup d’œil, parfois noir, parfois rieur, aux militants. Aucun ne s’arrête. La fine équipe n’en a cure et continue de se faire les avocats du diable. « On passe à Salau, on va y faire un creuset. Vous verrez, ça va créer des emplois ! » annonce le patron au cigare. « Et la pollution des sols ? De la nappe phréatique ? Et les habitants, ils sont négligeables ? » s’indigne-t-on dans l’auditoire. « Ils font chier ces écolos. Il faut les pendre aux arbres », rétorque le vampire. (...)

Pas décontenancés, le commissaire-priseur et sa miss Mines partent au contact des élèves pour leur proposer « des occasions en or, comme en Guyane en ce moment », avant de s’embarquer dans un discours railleur à l’égard du rassemblement entre les murs de l’école : « Je voudrais dire un grand merci au ministère de l’Économie, à M. Macron et à M. Montebourg, et aux personnes réunies ici aujourd’hui. Ils sont à l’œuvre dans cette salle : c’est une journée unique, où nous bradons les terrains à tout-va. Il n’y a pas de biodiversité, d’économie locale ou de population. C’est en ma qualité de commissaire-priseur que je les vends de bon cœur, les gens n’y connaissent rien, de toute façon. La population, quand elle est informée, se manifeste et devient désagréable. »

« Une collusion entre l’État, les sociétés, l’université » (...)