Comment lutter efficacement contre le changement climatique ? Des chercheurs du monde entier, après avoir exploré la littérature scientifique, proposent une palette de réponses qui sera publiée lundi 4 avril.
Durant cinq ans, le groupe de travail n° 3 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a exploré une palette de solutions pour y parvenir. (...)
Les informations contenues dans ce rapport sont sous embargo jusqu’à lundi, mais son plan est déjà connu. « Le rapport comporte des chapitres sur les tendances et facteurs d’émissions de gaz à effet de serre, et identifie les trajectoires et les voies d’atténuation compatibles avec les objectifs fixés dans l’accord de Paris », résume auprès de Reporterre Franck Lecocq, chercheur à AgroParisTech et coordinateur du chapitre 4 intitulé « Trajectoires d’atténuation et de développement à court et moyen terme ». (...)
Pour parvenir à réduire drastiquement nos émissions, les experts du Giec ont analysé un large panel de possibilités, en n’écartant pas certaines mesures contestées, comme le recours aux technologies de capture et de séquestration du carbone. (...)
L’efficacité de chacune des mesures a été soupesée, en fonction des résultats déjà obtenus dans certains pays du monde. (...)
Ils se sont aussi intéressés à la structure de nos villes, et aux manières de les rendre plus sobres, aux possibilités qui s’offrent à nous pour gérer nos déchets. Ils ont dressé un état des lieux des pistes pour transformer le secteur du bâtiment et nos systèmes de transport.
Une exhaustivité du coût aux conséquences (...)
« À chaque fois, les scientifiques ont tenté de dégager le potentiel de ces options, leur coût, et leurs conséquences, sociales ou sur la biodiversité par exemple », dit à Reporterre Céline Guivarch, directrice de recherches à l’École des Ponts et co-autrice du chapitre 3 sur les « Trajectoires d’atténuation compatibles avec les objectifs de long-terme ». (...)
Son élaboration a débuté en mai 2017. Sa rédaction a impliqué plus de 230 auteurs principaux, coordinateurs et éditeurs de toutes nationalités et de divers domaines. Sur cinq années de travail, au moins la moitié a été consacrée à des périodes de relecture et de vérification, le rapport étant ouvert aux commentaires de la communauté scientifique, « pour éviter les mauvaises interprétations, ou que des pans de la littérature soient oubliés », dit Franck Lecocq.
Les auteurs doivent répondre à chacun des commentaires, « en motivant leur choix de modification, ou non, du passage visé », dit Céline Guivarch, qui évoque un volume de « plusieurs dizaines de milliers de commentaires ». Le rapport est donc le fruit d’un processus « long et hyper collectif, par lequel nous essayons d’établir précisément l’état du consensus scientifique ». L’enjeu : « Que le rapport publié soit le plus robuste et inattaquable possible. » (...)
Ce document s’inscrit dans le cadre du sixième rapport d’évaluation du Giec, dont il est le troisième volet. (...)
Les autrices et les auteurs espèrent que ce troisième volet suscitera plus d’écho médiatique et de réactions politiques que ses prédécesseurs, malgré le contexte d’élection présidentielle et la guerre en Ukraine. (...)