Un tribunal allemand a jugé « recevable » la plainte d’un paysan péruvien contre l’énergéticien RWE, qu’il rend responsable du réchauffement climatique dans les Andes. Cette décision « historique » ouvre une brèche juridique contre les entreprises émettrices de gaz à effet de serre.
David affrontera bien Goliath. La justice allemande a accepté jeudi 30 novembre d’examiner la requête d’un paysan péruvien contre l’énergéticien allemand RWE. Saúl Luciano Lliuya veut contraindre la compagnie à payer les dommages commis par les effets du changement climatique dans sa région natale des Andes. Déboutée en première instance, sa demande a finalement été jugée « recevable » par la cour d’appel de Hamm.
Cette décision ne signifie pas que les juges donnent raison à Lliuya, qui accuse RWE, le plus gros émetteur de CO2 d’Europe, d’être responsable de la fonte d’un glacier qui menace sa ville de Huaraz, au Pérou. Mais elle marque un premier pas vers ce que les associations environnementales appellent la « justice climatique mondiale », selon laquelle les pays du Nord, très polluants, seraient contraints de réparer les préjudices subis par les pays du Sud, largement affectés par la pollution qu’ils engendrent et le réchauffement climatique. (...)
l’Allemagne fait partie des cinquante pays au monde dont le droit en matière d’atteinte à la propriété privée permet une tel jugement.
« Un grand succès pour tous ceux dans le monde qui sont menacés par le réchauffement climatique » (...)