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Marie-Claude Saliceti
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Choisir d’être travailleur social, c’est aussi choisir de travailler avec des valeurs…
Article mis en ligne le 24 décembre 2020

Le sociologue Pierre Bourdieu nous a dit il y a fort longtemps que les travailleurs sociaux font partie de la « main gauche » de l’État. La main gauche c’est « l’État providence » qui sans être dépensier, protège, soigne et éduque.

Mais il y a aussi une main droite. La main droite, c’est, si l’on prend un raccourci, « Bercy » la Haute Administration, les gestionnaires des comptes publics qui n’ont qu’un objectif en tête, réduire « les déficits » et revenir à un certain « équilibre des comptes de la nation ». C’est aussi celle de l’ordre et de la sécurité : La Défense, l’Intérieur…

Ces 2 mondes cohabitent mal. La main droite exerce une contrainte forte sur l’autre et bien évidemment ce n’est pas la main gauche de l’État qui est gagnante à ce jeu. Cela ne veut pas dire, si bataille il y a, qu’elle est perdue et qu’il faut se résigner. Bien au contraire. Mais il faut en avoir conscience.

Il y a donc un conflit de valeur et un conflit d’intérêts divergents dans les plus hautes instances de l’État. Il en est de même pour les métiers et les professions. Assurément le policier (qui n’est pas toujours d’extrême droite) mettra en avant les valeurs de l’ordre et du respect de la loi. Le travailleur social (qui n’est pas toujours d’extrême gauche) mettra en avant la lutte contre les inégalités, le care ou encore la nécessité de protéger.

Nous avons tous des valeurs que nous souhaitons universelles.

Nos valeurs conditionnent nos pratiques. Vous savez que la construction d’une pensée professionnelle ne s’élabore pas qu’à partir de savoirs issus l’expérience et des faits ainsi qu’à partir les disciplines universitaires. Il y a aussi ces valeurs (implicites ou explicites) qui sous-tendent nos actes, qui orientent nos façons d’agir.

Vous avez des valeurs, mais quelles sont-elles vous qui êtes ou qui souhaitez devenir travailleur social ? Les principales sont le respect, l’acceptation, la reconnaissance, la considération, l’écoute, l’ouverture, la coopération, le civisme, l’honnêteté, l’action juste, le partage, la fraternité, l’empathie envers d’autres humains et le non-jugement. Il y en a d’autre, cette liste est loin d’être exhaustive. Mais si déjà vous ne vous sentez pas du tout concerné(e) par ce rappel, peut-être sera-t-il préférable pour vous que vous alliez vers d’autres métiers que ceux de l’aide, de l’assistance et du soin. (...)
Les valeurs
humanistes sont souvent « bousculées » et ne pèsent pas lourd. Elles seront peu mises en avant dans une prise de décision.

Bien évidemment nous n’avons pas le monopole des valeurs que nous choisissons. Mais elles influencent nos actes, alors que nous sommes en relation quotidienne avec d’autres humains qui font face eux à des difficultés parfois considérés comme insurmontables car construites sur des souffrances, de la violence, des tensions, des dépendances, des idéologies et j’en passe.

Parfois il arrive que le travailleur social soit lui-même prisonnier de valeurs qui lui ont été inculquées dès sa plus jeune enfance. (...)

La formation peut nous permettre d’y voir plus clair dans nos valeurs (...)