C’est une première mondiale : ce 27 juillet 2016, la Commission des droits de l’homme des Philippines a envoyé une plainte à plusieurs pollueurs pour leur contribution au dérèglement climatique.
Et si les coupables du dérèglement climatique devaient enfin rendre des comptes pour ses conséquences catastrophiques et souvent meurtrières sur des populations entières, forcées à l’exil à cause d’une sécheresse ou d’une montée des eaux ?
C’est une chose dont on n’entend pas assez parler : le changement climatique tue. Les phénomènes climatiques extrêmes qu’il engendre ont déjà fait de nombreuses victimes, qu’il s’agisse de tempêtes ou d’inondations violentes, par exemple. Les victimes en sont généralement les populations les plus pauvres : les inégalités climatiques recoupent bien souvent les inégalités économiques.
C’est pourquoi un mouvement prend de l’ampleur depuis quelques années : celui pour la justice climatique. Sa revendication est simple. Elle consiste à demander des comptes aux industries et entreprises climaticides pour les dommages irréversibles qu’elles font déjà subir à certaines populations. En somme, de les tenir juridiquement responsables pour les dégâts humains et environnementaux dont elles sont la cause. (...)
C’est un total de 47 entreprises qui sont visées par la plainte et qui vont devoir s’expliquer : Total, Lafarge pour les entreprises françaises, mais aussi d’autres grandes multinationales, comme Chevron, ExxonMobil, BP, Royal Dutch Shell ou encore Glencore.
Concrètement, il leur est reproché de contribuer, par leurs activités, à l’augmentation globale du CO2 et du méthane dans l’atmosphère. (...)
Ce 27 juillet 2016, la Commission des droits de l’homme envoie donc la plainte déposée par les requérants aux PDG de ces entreprises. Ceux-ci devront alors soumettre leur réponse dans un délai de 45 jours. L’audience devrait ensuite se tenir en octobre 2016 aux Philippines.
C’est la première fois qu’une Cour des droits de l’homme se saisit de la question du réchauffement climatique et de la responsabilité d’entreprises privées. C’est donc un grand pas en avant. (...)