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Marie-Claude Saliceti
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Libération
Calais : un rapport associatif dénonce l’attitude de la police face aux migrants
Article mis en ligne le 9 juin 2018

Tentes détruites, affaires personnelles confisquées, voire violences : dans son deuxième rapport, l’Auberge des migrants s’inquiète de la façon dont sont menées les évacuations des campements de migrants dans le Calaisis.

Pour la deuxième fois, l’association calaisienne l’Auberge des migrants produit un rapport sur les évacuations et expulsions de terrain dont font l’objet, très régulièrement, les exilés. Lesquels attendent de passer en Angleterre, dans des bois ou sur des terrains plus ou moins abandonnés du Calaisis. « La lutte contre la formation de bidonville ne peut se résumer à des opérations de destructions, de confiscations et d’expulsions : il faut surtout que des solutions d’accueil et administratives soient proposées à ces gens », juge l’association. Nous avons retenu trois points saillants de son rapport.

1. Des interventions « sans base légale » et parfois humiliantes(...)

« Des exilés ont témoigné à plusieurs reprises que des membres des forces de l’ordre urinent sur leurs tentes, sur les bidons ou les ustensiles de cuisine », écrit l’Auberge des migrants, qui évoque également des coups et une utilisation trop leste du gaz lacrymogène. L’année dernière, au mois de juin, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait déjà dénoncé des « atteintes aux droits fondamentaux » des migrants à Calais « d’une exceptionnelle et inédite gravité » et estimé que leurs conditions de vie étaient « inhumaines ». Il allait jusqu’à évoquer une « sorte de traque » des migrants.

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2. Des biens personnels, dont des médicaments, confisqués(...)

Pourtant, écrit l’association, « la préfecture s’est engagée […] à ce que les forces de l’ordre laissent les exilés récupérer leurs biens lors de ces opérations […] Ces instructions sont très souvent ignorées ».

D’autres associations, comme Médecins du monde, ont par ailleurs constaté que des documents médicaux ou des traitements médicaux pouvaient aussi faire l’objet de confiscation (...)

3. Des pressions sur les associations
« Il est impossible pour les exilés d’aller aux distributions de repas, d’eau, aux sanitaires ou aux douches sans prendre le risque de perdre son abri et ses affaires personnelles », indique le rapport. Selon l’Auberge des migrants, il arrive que les évacuations aient lieu au moment même où les services de l’Etat ou les associations proposent des repas ou de prendre une douche. (...)

Autre problème : à force de confisquer les tentes, les stocks s’épuisent. Pour les associations qui les distribuent, cela représente des « pertes matérielles importantes ».(...)

Enfin, selon l’Auberge des migrants, les personnes qui viennent en aide aux migrants font l’objet de pressions, à base de contrôles d’identité et de convocations au commissariat. « Les auditions ont été ressenties comme très agressives, avec beaucoup de tentatives de culpabilisation et de criminalisation. Ces auditions n’ont pas eu de suite pour l’instant », regrette l’association.