Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
le courier.ch
BOLIVIE • Une route en construction à travers l’Amazonie aggrave la crise entre les mouvements indigènes et le pouvoir bolivien. Une marche sur La Paz a débuté lundi.
Article mis en ligne le 20 août 2011

Pour la première fois de son histoire, la Bolivie est dirigée par un président d’origine indigène. Mais pour la deuxième fois depuis son accession au pouvoir, en janvier 2006, Evo Morales affronte la révolte des peuples autochtones de l’Amazonie et de l’Altiplano. Le 15 août, un millier d’indigènes ont entamé à Trinidad une longue marche de protestation de plusieurs semaines, qui doit les mener jusqu’à La Paz.
C’est que leur président, qui s’est proclamé grand défenseur mondial de la Pachamama, la Terre Mère, est en train d’asphalter 306 kilomètres au cœur de l’Amazonie(1). A terme, la route entre Villa Tunari et San Ignacio de Moxos, qui doit relier les départements de Cochabamba et Beni, mettra en péril les 1,1 million d’hectares du Territoire indigène et Parc national Isiboro Sécure, le TIPNIS.

(...)Le Programme de recherches stratégiques bolivien (PIEB) a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme. Une étude démontre que la route causera en dix-huit ans la déforestation d’au moins 65% du territoire du TIPNIS.
(...)

c’est le même Evo Morales qui a inauguré, le 3 juin, le chantier, alors qu’aucune étude d’impact environnemental n’a été réalisée sur le deuxième des trois tronçons de la route, qui touchera le cœur même du TIPNIS, et que les habitants n’ont jamais été consultés sur ce projet.
Ces entorses à la Constitution bolivienne et à la loi sur l’environnement n’émeuvent pas le gouvernement, qui a fait de cette route une « priorité nationale » et qui entend achever l’ouvrage avant 2014, « que les indigènes le veuillent ou non », comme l’a déclaré le président. (...)

Dans les faits, et sans route asphaltée, 20% du TIPNIS a déjà été illégalement envahi, principalement par les cocaleros, les planteurs de feuilles de coca. Pour l’ancien vice-ministre des terres Alejandro Almaraz, c’est une des menaces majeures que fait courir le projet actuel au territoire du TIPNIS : « La route provoquera une augmentation incontrôlée des plantations de coca illégales et du trafic de drogue et de bois. (...)

« Sur l’Altiplano, certains paysans n’ont même pas un hectare à cultiver », rappelle le directeur de la Fondation Tierra, Gonzalo Colque. Cela se traduit par une forte migration, une extension de la frontière agricole vers l’Amazonie, considérées comme la nouvelle « Terre promise ». Avec d’inévitables affrontements entre les indigènes vivant sur leurs territoires ancestraux et les paysans colonisateurs en quête qu’un meilleur futur.(...) Wikio