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Avec son exceptionnelle biodiversité, le Costa Rica a déclaré la paix à la nature
Article mis en ligne le 13 novembre 2021
dernière modification le 12 novembre 2021

Tout visiteur du Costa Rica doit être prêt à se mouiller. Jamais avares de plaisanteries, les Ticos, comme se surnomment eux-mêmes les habitants, ne s’inquiètent guère des prévisions météorologiques. Ils savent qu’ « à la saison des pluies, succède une saison très humide ».

Ouvert sur l’océan Pacifique d’un côté, et sur la mer des Caraïbes de l’autre, leur pays est en effet copieusement arrosé tout au long de l’année. Ces conditions climatiques, associées à une topographie volcanique formant un corridor entre les Amérique du Nord et du Sud, y ont favorisé l’éclosion d’une biodiversité exceptionnelle.

Le Costa Rica est à la fois un confetti à la surface de la planète et un monde à lui tout seul. Ce minuscule pays, couvrant à peine 0,03 % des terres émergées, abrite près de 5 % des espèces animales et végétales connues à ce jour (...)

Ce patrimoine remarquable est protégé par une trentaine de parcs nationaux où l’on passe en quelques kilomètres de forêts en volcans, de plaines en marais, de mangroves en plages de sable fin. Au départ de n’importe quelle ville, il suffit de rouler une demi-heure en voiture pour se griser de verdure. (...)

Cinquante nuances de vert

Dans la demi-nuit végétale de la forêt tropicale, rien ne se laisse deviner d’un coup d’œil. Brindille ou phasme ? Liane ou serpent ? Il faut réapprendre à regarder à travers l’inextricable lacis des fougères. Et surtout suivre les conseils avertis d’un guide naturaliste comme Bertrand Ducos de Lahitte, qui prévient : « Les jaguars rodent, mais les dangers viennent d’animaux beaucoup plus petits, comme les grenouilles ou même les fourmis. Aucun n’est agressif, mais tous savent se défendre si on leur pose le pied ou la main dessus. » (...)

Cette vie sauvage s’épanouit avec encore plus d’exubérance à la cime des arbres. C’est en effet dans les nappes de brume de la canopée que fleurissent les orchidées sous le regard des quetzals et des paresseux. Le Costa Rica a su tirer le meilleur parti d’un tel environnement, en misant avant tout le monde sur l’écotourisme. (...)

Chaque arbre recèle des milliers d’espèces, dont certaines restent encore à découvrir. Un formidable terrain de jeu pour la bioprospection, cette discipline visant à inventorier le vivant et à en étudier le matériel génétique afin de lui trouver des applications utiles, à la pharmacopée notamment.
L’adieu aux armes

Sa stabilité et sa qualité de vie valent au Costa Rica le surnom de « Suisse des Tropiques ». Le pays, qui fête cette année le bicentenaire de son indépendance, se classe régulièrement en tête des nations les plus heureuses du monde. Un bonheur tranquille qui puise sa source dans la géographie et l’Histoire.

Isolé du reste des anciennes colonies espagnoles, ce petit territoire, barré de cordillères et dépourvu de richesses minières, a bénéficié très tôt de politiques éclairées : école primaire gratuite et obligatoire dès 1869, abolition de la peine de mort en 1881, Sécurité sociale en 1940… Le tournant décisif fut la guerre civile de 1948 et sa singulière conclusion : la suppression de l’armée et une réaffectation budgétaire au profit de l’éducation et de la santé. (...)

L’environnement, quant à lui, ne fut pas toujours au cœur des préoccupations. Comme partout ailleurs, on a beaucoup défriché au Costa Rica pour faciliter l’agriculture et l’élevage. Les forêts ne couvraient plus que 25 % du territoire en 1985. Mais une politique de reboisement a inversé la tendance.

En échange d’un loyer annuel, les agriculteurs sont notamment incités à consacrer une partie de leur exploitation à la régénération de la forêt. (...)