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Au large de la Libye, le rêve d’Europe tue encore
Article mis en ligne le 6 octobre 2016

Plus de 10.600 migrants secourus en 48 heures en Méditerranée mais encore des dizaines de morts : malgré la multiplication des navires de secours au plus près des côtes libyennes, le rêve d’Europe reste extrêmement dangereux.

(...) ce mardi, la plupart de ces bateaux étaient déjà en route pour l’Italie afin d’y débarquer les plus de 6.000 migrants secourus lundi. Isolés, les secouristes espagnols n’ont pu que rassembler les bateaux et tenter de maintenir le calme.

 "200 personnes à l’eau" -

"Tout à coup, un court-circuit a provoqué de la fumée et un mouvement de panique dans le bateau en bois qui transportait un millier de migrants. Très rapidement, nous nous sommes retrouvés avec 200 personnes à l’eau et le bateau qui tanguait", a raconté Gerard Canals, chef de mission de Proactiva Open Arms. (...)

A partir de la mi-journée, des navires militaires et humanitaires arrivent pour entamer la lente évacuation des migrants, qui s’achèvera après minuit.

Dans la soute du bateau en bois, deux hommes et une femme ont été étouffés. Et sur l’un des canots, les secours découvrent l’horreur : 29 personnes — 19 femmes et 10 hommes — gisent sans vie.

"Nous n’avons pas vu ce qui s’est passé, c’était la panique, ceux qui perdaient connaissance tombaient à terre et se retrouvaient piétinés", a expliqué M. Canals. Mercredi après-midi, les corps étaient entreposés sur un canot de survie tiré par l’Astral, en attendant qu’un navire des gardes-côtes italiens vienne les prendre en charge.

 Quatre naissances -

Lundi déjà, au moins 20 migrants avaient trouvé la mort en mer, malgré le vaste dispositif de secours au large de la Libye : marine et gardes-côtes italiens, opération navale européenne Sophia, opération européenne de contrôle des frontières Triton, navires humanitaires privés...

Pour les migrants, la noyade n’est pas le seul danger : beaucoup, déjà affaiblis par leur périple et par des conditions effroyables en Libye, succombent par asphyxie, souvent par les émanations de carburant, brûlures dues au mélange de carburant et d’eau de mer, hypothermie ou déshydratation.

Cette année, les risques sont accrus par l’accentuation du phénomène de départs par vagues : les gardes-côtes se retrouvent à coordonner jusqu’à plus de 30 opérations de secours en une journée, alors qu’ils n’avaient jamais franchi ce seuil auparavant.

Autre phénomène de plus en plus fréquent : par peur d’accoucher en Libye, les femmes enceintes embarquent même lorsque leur grossesse arrive à terme. Trois bébés sont nés ces dernières heures sur le navire Dattilo des gardes-côtes, ainsi qu’une petite fille sur le bateau Argos de Médecins sans Frontières.

Pour l’Italie, les opérations de ces derniers jours vont porter à plus de 142.000 les arrivées depuis le début de l’année. Et peser encore un peu plus sur un réseau de structures d’accueil qui héberge déjà 160.000 demandeurs d’asile, contre 103.000 fin 2015.