Malala Yousafzai s’implique au Nigeria pour la libération des collégiennes enlevées il y a trois mois par Boko Haram, et appelle à être « plus forts que la violence et la peur » pour défendre le droit des filles à l’éducation
CIVILISATION > Education >
Au Nigeria, l’appel de Malala face à la "guerre contre l’éducation"
Mis en ligne le 15/07/14 I Rédaction par la rédaction
inShare
E-mail
Malala2Malala Yousafzai s’implique au Nigeria pour la libération des collégiennes enlevées il y a trois mois par Boko Haram, et appelle à être « plus forts que la violence et la peur » pour défendre le droit des filles à l’éducation.
Le 22 juillet, cela fera 100 jours que plus de 200 collégiennes ont été enlevées dans le nord du Nigeria par les intégristes de Boko Haram. Après la mobilisation sur les réseaux sociaux, via le mot d’ordre #bringbackourgirls, la voix de Malala Yousafzai s’élève à nouveau pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli.
Le « défi » de les libérer « saines et sauves »
Un an après son discours pour l’éducation à l’ONU, c’est au Nigeria que Malala Yousafzai a tenu son discours d’anniversaire, à l’heure de ses 17 ans.
Celle qui a réchappé à l’attaque de talibans en 2012 au Pakistan, et incarne aujourd’hui le combat mondial pour le droit des filles à l’éducation, a rencontré lundi 14 juillet le président nigérian Goodluck Jonathan pour lui rappeler la nécessité de tout faire pour libérer les jeunes filles.
Les attaques de Boko Haram ont fait plus de 2 000 morts parmi la population civile au cours des 6 premiers mois de l’année, selon une analyse publiée mardi 15 juillet par Human Rights Watch.
L’ONG rappelle que l’enlèvement des jeunes filles de Chibok n’était pas la seule attaque contre une école. Et que par ailleurs Boko Haram a enlevé des centaines de femmes et de jeunes filles.
Human Rights Watch doit délivrer prochainement un rapport spécifique sur les exactions de la secte contre les femmes et les filles, et sur les "réponses insuffisantes" du gouvernement nigérian.
La question de leur libération reste compliquée, car « le principal défi (…) est de s’assurer qu’elles seront libérées saines et sauves », a insisté le président nigérian, selon un communiqué de son porte-parole. Tout en rappelant que la question d’une opération de secours « n’est pas entre les seules mains du gouvernement nigérian », puisque des « équipes des États-Unis, de Grande-Bretagne, de France, d’Israël et d’autres pays amis » sont impliquées. (...)
"Nous ne resterons pas silencieux alors que nos sœurs au Nigeria et ailleurs dans le monde sont la cible de cette guerre contre l’éducation. Nous sommes plus forts que la violence. Nous sommes plus forts que la peur. Nous avons le droit à l’éducation et nous le ferons valoir. Nous verrons le retour de nos sœurs innocentes au Nigeria, et elles et leurs enfants pourront aller à l’école. Nous sommes plus fortes que ceux qui cherchent à nous arrêter. »
9 millions d’enfants non scolarisés dans le pays
Son voyage au Nigeria a permis à Malala Yousafzai d’évoquer plus largement la question de la scolarisation dans le pays. Au Nigeria, près de 9 millions d’enfants âgés de 6 à 11 ans ne sont pas scolarisés, selon les toutes dernières données de l’Unesco. C’est, devant le Pakistan, le pays d’origine de Malala, le pays au monde qui compte le plus grand nombre d’enfants privés d’école. (...)