« C’est la police de la République, la gendarmerie, les forces de l'ordre qui font la loi dans notre pays », dit le ministre de l’intérieur. Ah bon, ce n’est plus le Parlement qui fait la loi (laquelle s’impose à la police) ?@Mediapart avait donc raison ▶️ https://t.co/iF2PsKoW1S https://t.co/gluCL6gsVW
— Edwy Plenel (@edwyplenel) August 16, 2020
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La sauvagerie politique de Gérald Darmanin
Mis en cause pour des faveurs sexuelles qu’il est suspecté d’avoir obtenues en échange d’interventions politiques, lié à un ex-président de la République triplement mis en cause par la justice, Gérald Darmanin n’aurait jamais dû être promu ministre de l’intérieur. Son comportement depuis montre que son départ serait de salubrité publique.
Alors qu’il est encore visé par une enquête judiciaire pour viol, ayant obtenu des faveurs sexuelles tout en promettant une intervention politique, la récente promotion ministérielle de Gérald Darmanin fut une insulte faite aux femmes victimes des abus des hommes, de leur violence et de leur privilège (lire l’article de Lénaïg Bredoux).
En osant affirmer qu’il s’étouffe quand il entend parler de « violences policières », le nouveau ministre de l’intérieur vient d’y ajouter une insulte pour leurs victimes, mortes étouffées par une clé d’étranglement (lire l’enquête de Pascale Pascariello).
Entre-temps, il avait aussi insulté la vitalité et la diversité de la société française, ses mobilisations populaires et ses révoltes juvéniles, en les assimilant à un « ensauvagement » général (lire l’analyse d’Antoine Perraud). (...)
Dernier avatar d’une dérive commencée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin est désormais le nouveau symbole d’une politique sauvage. D’une politique qui ne s’autorise que d’elle-même, s’émancipant des règles communes. D’une politique aventurière, violente et grossière. D’une politique sans autre boussole que le pouvoir, l’abus qu’il permet, le profit qu’on en tire, la protection qu’il confère. D’une politique sortie de ses gonds à la faveur de la panique grandissante d’une classe dirigeante ayant fait sécession, indifférente au sort collectif, arc-boutée sur ses avantages, aveugle aux sursauts du monde. (...)
Les fautes d’aujourd’hui peuvent faire les crimes de demain. Il n’y a pas de frontière étanche entre une République et un régime autoritaire si celle-ci déserte ses règles démocratiques, ses solidarités sociales et ses exigences éthiques. Si l’histoire n’est jamais écrite par avance, l’indifférence aux violences faites aux femmes comme l’encouragement des violences policières, sans oublier la déclaration de guerre à une société décrétée ensauvagée, ne cessent d’ouvrir grand la porte par laquelle la catastrophe s’installera à demeure.