Il est 22h à Lorient le 28 mars. Après avoir bloqué et manifesté, des syndicalistes se retrouvent au café pour faire le bilan de la journée. Alors qu’ils discutent dehors, trois hommes, visages masqués, les attendent dans une ruelle et les agressent. L’un d’eux ira même jusqu’à sortir une arme de poing. Solidaires 56 dénonce « une attaque fasciste ». Témoignage.
(...) Durant toute l’agression, qui a duré une minute à peine, les agresseurs n’ont pas dit un mot. On s’est approché pour voir ce qui se passait. Le camarade de Sud-Éducation et celui de la CGT ont pris un premier coup de gaz, un peu à distance, moi et la camarade qui nous rejoignait nous sommes fait gazer en plein visage et la camarade de Sud-PTT a pris un coup de poing au visage. Mon œil droit a mis une heure à se remettre. Les agresseurs s’en vont comme ils sont arrivés… avant que le camarade de Sud-Éducation et la copine des PTT ne voient quelqu’un revenir dans la ruelle. C’est là que l’agresseur pointe une arme à feu, une arme de poing plus précisément, sur nos deux camarades. Puis il s’en va tranquillement, en marchant. (...)
Comment avez-vous réagi après l’agression ?
Après on a appelé la police, qui n’a pas vraiment bien géré. Une copine était en état de choc émotionnel, ils lui ont dit que si elle ne se calmait pas ils ne prendraient pas son témoignage… ils ont même menacé de partir. Pourtant ils étaient au courant qu’une arme avait été sortie. On a finalement porté plainte deux jours plus tard. Pour ce qui est de la réponse militante, on en a parlé dès le lendemain en intersyndicale. Et Solidaires 56, dont 4 militant·es ont été visé·es, a publié un communiqué.
Cette attaque vous a-t-elle surpris ? Quel est le niveau d’organisation de l’extrême droite à Lorient ?
Ce genre d’attaque, ça n’arrive jamais à Lorient. Il n’y a pas de groupe d’action d’extrême droite connu dans le coin, même si la Cocarde étudiante est implantée dans la fac de la ville. On ne sait pas qui étaient ces gens. Tout ce qu’on sait c’est que c’est une attaque fasciste, parce que s’en prendre à des syndicalistes de cette manière, c’est un procédé fasciste. Par ailleurs, en ce moment dans les manifestations on se demande s’il n’y a pas une infiltration de l’extrême droite. On remarque des personnes avec des comportements inhabituels, mais pour l’instant ça ne va pas plus loin, on reste vigilants. (...)
Jusque là, on n’avait jamais eu à se défendre physiquement contre l’extrême droite. Mais il y a deux ans, on a créé le collectif antifasciste du Morbihan, composé de partis politiques de gauche et de syndicalistes. Il nous a servi de réseau lorsqu’il y a eu des manifestations contre l’extrême droite à Callac ou à Saint-Brévin, lors de la venue de Zemmour ou de ses représentants. Ça nous permet aussi d’organiser des conférences et de faire de la formation.