En pulvérisant un peu plus le tabou sur la fin de vie, deux juridictions d’importance — le Conseil d’État et la cour d’assises de Pau — viennent de porter deux coups cinglants à la vieille grille des valeurs qui cimente encore, tant que faire se peut, notre vieux monde en souffrance.
Mardi 24 juin, le Conseil d’État s’est prononcé pour l’arrêt des soins à Vincent Lambert, 39 ans, tétraplégique et plongé depuis six ans dans un état végétatif estimé irréversible par la médecine.
Mercredi 25 juin, la cour d’assises de Pau a acquitté le docteur Nicolas Bonnemaison, jugé pour avoir abrégé la vie de sept de ses patients qu’il considérait comme condamnés.
Il y a bien longtemps que le tabou sur la fin de vie, hérité de la culture judéo-chrétienne et recyclé par une civilisation occidentale “moderne” qui voulait consacrer l’omnipotence de la science des Hommes sur les aléas de la Nature, est battu en brèche dans bien des services de soins dits “palliatifs”.
Mais le fait que ces pratiques de l’ombre soient ainsi officialisées et admises par des instances juridiques émanant de cette même société, remet en question la cohésion et l’existence même, en l’état, de cette dernière.
Une grille hiérarchique de valeurs battue en brèche (...)