
La chute du mur de Berlin sonne aujourd’hui comme un appel à combattre les oppressions, à abattre les murs qui, à travers le monde, divisent encore des villes, des territoires, des peuples.
Nicolas Sarkozy
No podemos perder de vista que hay otros muros en el mundo que deben caer [1]
José Luis Rodríguez Zapatero
Depuis sa création en 2002, le réseau Migreurop [2], qui rassemble aujourd’hui plus de quarante organisations de part et d’autre de la Méditerranée, dénonce l’enfermement des migrants, la militarisation des frontières de l’Union européenne et l’externalisation de ses politiques de contrôle et de répression de l’émigration. Forts de cette expérience, nous voulons interpréter les déclarations officielles qui, à l’instar des appels de José Luis Zapatero et de Nicolas Sarkozy, ont appelé à « abattre les murs », comme le signe d’une rupture par rapport à la véritable « guerre » menée contre les migrants [3] . Cette guerre, qui a fait des milliers de victimes, est depuis trop longtemps la boussole de l’UE en matière de politique d’immigration...
Les nasses dans lesquelles sont pris une partie des migrants souhaitant franchir les frontières fortifiées de l’Europe favorisent la multiplication d’un des dispositifs clés de la mondialisation anti-migratoire : le camp d’étrangers en attente de passage, d’expulsion ou d’un « accueil » respectueux de leurs droits...