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L214
Abattoir de Mauléon-Licharre : la Cour d’appel relaxe L214
Article mis en ligne le 20 mai 2022

La Cour d’appel de Pau a rendu (le 12 mai) sa décision concernant les poursuites à l’encontre de l’association L214 pour atteinte à l’intimité de la vie privée de salariés, suite à la diffusion des conditions de mise à mort des animaux dans l’abattoir de Mauléon-Licharre en 2016. Elle a totalement relaxé L214.

En première instance, les juges avaient relaxé L214 pour la diffusion des images mais l’avaient condamnée à 5 000 € d’amende pour complicité d’atteinte à l’intimité de la vie privée. Le tribunal avait également condamné l’association à verser 1 500 € à chacun des trois salariés de l’abattoir. L’association avait fait appel de cette décision.

Dans son travail d’information, L214 est confrontée à un problème : comment montrer la réalité des pratiques routinières d’un abattoir sans que des personnels des établissements n’apparaissent sur les images ? C’est mission impossible.
Soucieuse de préserver autant que possible les personnes, pour chaque enquête, L214 est attentive à flouter les visages, à accompagner les images avec pédagogie et mesure : faire prendre conscience de l’horreur que nous faisons subir aux animaux, démontrer que cette violence est institutionnalisée et que les ouvriers présents sur les images ne sont que des rouages d’une machine réglée à 2 400 mises à mort à la minute.

Pour Brigitte Gothière, cofondatrice et porte-parole de l’association : « C’est un véritable soulagement. La décision de première instance nous semblait profondément injuste : l’intention de l’association n’a jamais été de stigmatiser les salariés mais bien de défendre les animaux. Si nous pouvions informer et faire prendre conscience de l’horreur qui se déroule derrière les murs des abattoirs autrement qu’en diffusant les images des conditions d’abattage, évidemment, nous le ferions. D’ailleurs, nous préférerions sincèrement ne rien avoir à filmer ! Mais il faut se rendre à l’évidence : jusqu’à présent, seules les images ont permis de mettre en lumière la violence inouïe qui se déroule quotidiennement dans les abattoirs. Cette violence touche également les salariés chargés de faire le sale boulot pour une société prompte à les tenir responsables afin de mieux s’affranchir de ses propres responsabilités.
Pour mettre fin à ce système injuste, cruel, effroyable pour les animaux et les humains et désastreux pour l’environnement, nous continuerons de divulguer ce que les industries agroalimentaires cherchent à nous cacher. »