Interdictions préfectorales et répression féroce n’ont pas pu empêcher les opposants aux bassines de se mobiliser dans les Deux-Sèvres ce weekend. Ils refusent l’« accaparement de l’eau » incarné dans ces projets de retenues géantes.
Sainte-Soline (Deux-Sèvres), reportage
Samedi après-midi, des milliers d’agriculteurs et militants écologistes ont manifesté contre le chantier de la « mégabassine » de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres. Largement médiatisé, l’événement marque un tournant dans la mobilisation débutée l’année dernière contre ces réserves d’eau construites afin d’irriguer les grandes exploitations agricoles.
1 700 gendarmes et 7 hélicoptères ont été mobilisés pour stopper une manifestation interdite par la préfecture en début de semaine dernière. D’une ampleur inédite, la répression policière n’a pas pu empêcher les manifestants de pénétrer sur le chantier.
L’action a commencé mardi 25 octobre, lorsqu’une quarantaine de personnes se sont installées à quelques kilomètres du chantier, en vue de préparer la marche annoncée pour le 28 octobre. Au même moment, la préfète des Deux-Sèvres Emmanuelle Dubée annonçait une interdiction de manifester autour d’un périmètre englobant dix communes autour du site. Le jeudi soir, les pelleteuses abandonnaient le chantier en prévision de la manifestation.
Mêlant les militants des Soulèvements de la Terre, de Bassines non merci (qui regroupe 150 collectifs) et de la Confédération paysanne, l’organisation a pu installer le campement sans encombre. Et pour cause : il se situe sur les terres d’un paysan, ancien adhérent à la coopérative de l’eau à l’origine des mégabassines, Philippe Béguin. Ex-cultivateur de maïs, il s’est désormais reconverti par conviction dans la culture de blé à sec. Il a d’ailleurs réservé le terrain en question pour accueillir la présence d’une espèce protégée, l’outarde canepetière, de mai à septembre. Dès vendredi soir, près de 2 000 personnes étaient déjà arrivées pour la manifestation prévue le lendemain.
Quelle est leur cible ? Un trou de 16 hectares qui a été creusé depuis un mois près de Sainte-Soline afin d’abriter la plus grande bassine d’eau du territoire français, financée à plus de 70 % par de l’argent public. Elle servira à douze exploitants agricoles, « dont aucun ne s’est engagé à réduire l’utilisation de pesticides », précise Lena, militante à Youth for Climate et aux Soulèvements de la Terre. (...)
« On a un problème de déficit d'eau et ça va s’amplifier. Aucun hydrologue ne défend les méga-bassines, car c'est absurde sur le plan hydrologique » @bourg_d Philosophe, dans #CPolitique
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