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Marie-Claude Saliceti
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Zero Macho - des hommes engagés contre le système proxénète et pour l’égalité femmes hommes
21 mars 2026. Dixième opération « Fermez les salons ! » - pétition
Article mis en ligne le 1er avril 2026
dernière modification le 28 mars 2026

Le samedi après-midi, des hommes de Zéromacho se rassemblent devant l’un des 426 prétendus « salons de massages » asiatiques de Paris qui sont des lieux de prostitution. Ils attirent l’attention des passant·es sur le caractère illégal de ce commerce, et leur proposent de signer la pétition demandant l’application de la loi Olivier-Coutelle de 2016.

pétition : En France, sous couvert de massages, la traite des femmes a pignon sur rue !

Il y a en France des centaines de prétendus « salons de massages » asiatiques qui
sont en réalité des lieux de prostitution, ce qui est évident pour le voisinage, et
démontré par des commentaires d’« utilisateurs » sur des forums où ils détaillent les
« finitions » qu’ils ont payées.

À Paris, Zéromacho a dénombré 425 salons de prostitution.
Des esclaves sexuelles y sont enfermées 10 heures par jour, 7 jours sur 7.
La plupart sont des victimes de la traite des êtres humains.

Avec Zéromacho et la Fédération des massages bien-être, nous demandons :
— Pourquoi ces lieux de prostitution ne sont-ils pas interdits ?
— Pourquoi les hommes qui enfreignent la loi en payant pour
un acte sexuel sont-ils si rarement verbalisés ?
La loi Olivier-Coutelle de 2016, qui protège les victimes et les aide à sortir de la
prostitution, interdit d’acheter des actes sexuels et prévoit pour les contrevenants une
amende de 1 500 €, et de 3 750 € en cas de récidive.

Nous, signataires de cette pétition, demandons
à la procureure générale près la cour d’appel de Paris
de faire appliquer la loi Olivier-Coutelle
contre le système prostitutionnel.
Nous demandons aux pouvoirs publics
de régulariser la situation de ces femmes.
.

Lire ausi :

 (Mouvement du Nid)
Florence Montreynaud : « des salons de massage ? Non, des bordels ayant pignon sur rue ! »

Depuis septembre 2021, Zéromacho – Des hommes contre la prostitution et pour l’égalité – poursuit une action nationale contre les prétendus « salons de massages » asiatiques, en réalité des établissements de prostitution. Florence Montreynaud, leur très active marraine, en explique les raisons et les objectifs…

Comment avez-vous procédé pour mener cette enquête ?

En 2021, nous avons parcouru les rues de Paris pour vérifier les informations sur les salons de massages trouvées, soit sur des flyers glissés sous les essuie-glace, soit sur Internet et notamment le site Vivastreet, connu pour ses annonces de prostitution. Sur les sites, accessibles à nous comme à la police, les images de jeunes femmes aux tenues et aux postures provocantes, ainsi que les commentaires des utilisateurs, ne laissent aucun doute sur les actes de prostitution. Au hasard de nos itinéraires, nous en avons découvert plusieurs dizaines d’autres ; au total nous en avons recensé plus de 300, dont 55 rien que dans le 17e arrondissement. On nous en a signalé des dizaines d’autres ailleurs en France. (...)

Vous avez pu procéder à des vérifications « in situ » ?

Oui. Un militant de Zéromacho demandait s’il pouvait avoir un massage « avec finitions » et la réponse était toujours « oui ». Quand une femme demandait à voir les tarifs, elle constatait souvent qu’il y avait deux listes, l’une passe-partout, l’autre réservée aux hommes, avec des massages « body-body, naturiste, réciproque »… Je suis entrée dans 200 de ces salons. Moi qui m’en faisais une image terrifiante, je n’ai rien vu qui puisse effrayer ; seulement des endroits minables et pas très propres. Comme je parle un peu chinois, j’ai pu avoir un petit échange avec quelques-unes de ces femmes. Je demandais si je pouvais revenir avec une autre personne.

Dans une cinquantaine de cas, on m’a répondu « non, parce que je suis seule » ; ce qui veut dire que ces femmes sont à la merci des agressions. (...)

Que savez-vous des femmes prostituées dans ces salons de massage ?

Beaucoup parlent très mal le français alors qu’elles me disent être en France depuis des années. Elles ont entre 30 et 55 ans, et la majorité est âgée de plus de 35 ans.

D’après notre enquête, elles sont à 85 % originaires de Chine, beaucoup sont du Liao Ning. Et 14 % sont des Thaïlandaises. Leur arrivée par des réseaux de traite relève de l’évidence.
On est tentée de vous demander… Que fait la police ?

La police manque de moyens et a d’autres priorités. Chaque année, elle fait fermer quelques salons, mais d’autres ouvrent ailleurs. Un commissaire nous a confié avoir beaucoup de mal à trouver les propriétaires. (...)

Vous avez déjà engagé de multiples actions…

En 2021, Zéromacho a adressé un signalement au procureur de la République de Paris (et dans quelques villes), en lui demandant de faire appliquer la loi. (...)

Nos responsables ont été reçus par la Brigade de répression du proxénétisme, l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains, les procureures de Paris chargées du dossier prostitution, des maires, une conseillère de Paris, un commissaire de police… Aujourd’hui, nous lançons une pétition nationale en partenariat avec la Fédération de massages bien-être. Nous poussons tous les pions possibles ; nous avons ainsi demandé un rendez-vous à l’Inspection du Travail. Car ces lieux pourraient tomber pour proxénétisme mais aussi pour manquement aux règles d’hygiène.
Que pourraient devenir les femmes ?

Nous ne leur voulons aucun mal, au contraire. Ce que nous voulons, c’est que ce système de violences s’arrête. Nous demandons pour elles, en application de la loi de 2016, un accompagnement associatif, un accès à des parcours de sortie de prostitution et à une régularisation.
Quel est votre objectif à long terme ?

C’est le changement des mentalités. Il faut de la pédagogie : sur la traite, sur la responsabilité des « clients », sur la loi de 2016, ignorée de la majorité des gens et même d’hommes qui achètent eux-mêmes des actes sexuels. Ce que nous voulons, c’est l’application de tous ses piliers : sensibiliser la population, venir en aide à ces femmes, punir les proxénètes et les clients-prostitueurs.

Une récente affaire de démantèlement de réseau asiatique a encore une fois montré que les « clients » ne sont pas inquiétés[1]. (...)