Un cessez-le-feu fragile entre les forces gouvernementales et les forces kurdes. La ville de Kobané est notamment toujours assiégée. De nombreux combattants kurdes des forces démocratiques syriennes (FDS) s’y sont repliés. Les civils kurdes qui s’y sont réfugiés, eux, continuent de craindre des violences communautaires de la part des hommes de Damas.
Voilà plus de trois semaines que Kobané est encerclée. Dans cette ville adossée à la frontière turque, de nombreuses familles se sont réfugiées ces dernières semaines, fuyant l’avancée des forces de Damas. De nombreux combattants des FDS se sont également repliés dans cette ville symbole de la lutte kurde contre l’organisation État islamique. Malgré le cessez-le-feu et l’intégration prévue de la région du Nord-Est syrien sous l’administration de Damas, les habitants continuent de décrire un siège. (...)
Suite à l’annonce de l’accord entre les forces gouvernementales et les FDS, certaines familles sont tout de même rentrées dans leurs villages. « Certains d’entre eux habitent dans des zones prises par les forces gouvernementales, explique la journaliste locale Nichtiman Haji Morad. Ils se sentent en danger. Certains ont été maltraités, ils se sont fait voler leur or, leurs armes. Certaines familles ont décidé de retourner à Kobané, d’autres restent car ils ont peur que leur maison soit pillée en leur absence ».
« Il est urgent de faire respecter le cessez-le-feu »
Le village de Nichtiman Hajji Morad, lui, est resté sous le contrôle des forces kurdes. De chez elle, elle entend des explosions quotidiennes. « J’ai demandé à un combattant revenu de la ligne de front d’où venaient ces explosions. Il m’a dit que c’était les forces d’Amshat qui visent les forces kurdes et refusent de respecter la ligne mise en place par l’accord de cessez-le-feu. Ils l’ont dépassé et ne veulent pas reculer ».
Amshat est le nom d’une milice pro-turque accusée de graves crimes contre la population kurde durant la guerre civile syrienne. Les membres de ce groupe armé, comme d’autres, ont été intégrés à la nouvelle armée syrienne. (...)
Au-delà de Kobané et des volontés politiques, il faudra arriver à convaincre les hommes en armes sur le terrain d’accepter le compromis.