
L’Inde a annoncé mardi avoir mené des frappes visant des "infrastructures terroristes" au Pakistan et dans la région pakistanaise du Cachemire. Islamabad a riposté par des tirs d’artillerie sur le territoire de son voisin, sur fond d’escalade des tensions entre les deux pays depuis l’attentat du 22 avril.
Dans l’obscurité de la nuit, d’énormes explosions étaient audibles aux abords de Srinagar, la grande ville du Cachemire administré par l’Inde, non loin du QG de l’armée indienne pour la zone, ont constaté des journalistes de l’AFP. Plus tôt, c’est dans au moins cinq zones du Pakistan - au Cachemire et dans le Pendjab frontalier de l’Inde - que de lourdes explosions ont retenti.
Le ministre pakistanais de la Défense Khawaja Asif a affirmé à l’AFP que trois civils, dont un enfant, avaient été tués.
L’Inde de son côté a dit avoir "frappé des infrastructures terroristes au Pakistan (...) d’où les attaques terroristes contre l’Inde ont été organisées et dirigées". Elle a précisé qu’elle avait tenu les Etats-Unis informés de ces opérations. (...)
Cette nouvelle escalade entre les deux voisins, rivaux depuis leur partition dans la douleur en 1947, a été déclenchée par une attaque qui a provoqué le choc en Inde. Le 22 avril, des hommes armés ont abattu 26 hommes dans la partie du Cachemire administrée par l’Inde. Aussitôt après cet attentat, jamais revendiqué, New Delhi a accusé Islamabad. Le Pakistan, lui, dément.
Mais la police indienne assure rechercher au moins deux ressortissants pakistanais parmi les assaillants et leurs complices et assure qu’ils sont liés au LeT, le mouvement jihadiste Lashkar-e-Taiba basé au Pakistan, déjà soupçonné des attaques qui avaient fait 166 morts à Bombay en 2008. (...)
Peu après ces frappes, le Cachemire s’est embrasé, les journalistes de l’AFP dans la zone disputée rapportent des explosions désormais de plus en plus rapprochées.
"La riposte a commencé et si Dieu le veut, elle va s’accentuer", a menacé dans un entretien à l’AFP le ministre Asif, alors que le Comité de la sécurité nationale pakistanais, une instance uniquement convoqué pour les situations extrêmes, se réunira dans la matinée. (...)
"Le monde ne peut pas se permettre une confrontation militaire" entre Inde et Pakistan, a tenté de plaider l’ONU, alors que les deux voisins ne cessent de faire valoir leur "droit à se défendre" depuis deux semaines. (...)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a renchéri : "le Pakistan se réserve le droit absolu de répondre de façon décisive à cette attaque indienne non provoquée - une réponse résolue est déjà en cours".
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– Narendra Modi annonce "couper l’eau" des fleuves qui irriguent le Pakistan
(...) Le Pakistan a prévenu que toute tentative de perturber le débit de ces fleuves serait considérée comme "un acte de guerre". (...)
"L’eau appartenant à l’Inde s’écoulait jusque-là vers l’extérieur, elle sera désormais stoppée pour servir les intérêts de l’Inde et sera utilisée pour le pays", a déclaré Narendra Modi lors d’un discours public.
L’Inde a suspendu sa participation à un traité de partage des eaux signé en 1960 avec le Pakistan en représailles à l’attentat qui a fait 26 morts le 22 avril dans la ville touristique de Pahalgam, dans le Cachemire indien. (...)
"Le débit du fleuve, normal, a été considérablement réduit du jour au lendemain" (...)
Après la décision indienne de suspendre unilatéralement le traité, le Pakistan a prévenu que toute tentative de perturber le débit de ces fleuves serait considéré comme "un acte de guerre".
Située à la frontière de l’Inde, cette province, qui compte près de la moitié des 240 millions de Pakistanais, est le cœur agricole du pays.
Le traité de l’Indus accorde à New Delhi le droit d’utiliser les fleuves partagés pour ses barrages ou ses cultures, mais lui interdit de détourner des cours d’eau ou d’altérer le volume d’eau en aval.