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Mort de Le Pen : Macron tombe le masque
#LePen #Macron
Article mis en ligne le 9 janvier 2025
dernière modification le 8 janvier 2025

À peine l’annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen rendue publique, un communiqué de la présidence a été diffusé. Non signé directement par Emmanuel Macron, ce texte qui escamote les aspects les plus controversés du fondateur du FN n’a pas manqué de faire réagir l’entourage du président de la République, tant il laisse entrevoir, en filigrane, une certaine vision politique…

La Macronie doit-elle rendre hommage à Jean-Marie Le Pen à l’heure où elle subit un procès en collusion avec l’extrême droite ? Pour Emmanuel Macron, la question ne s’est pas posée. (...)

une « figure historique de l’extrême droite » dont « le rôle dans la vie publique de notre pays pendant près de 70 ans (…) relève désormais du jugement de l’Histoire ». (...)

Une formulation qui tient en quelques lignes, volontairement ambiguës : Jean-Marie Le Pen sera-t-il reconnu pour ce qu’il fut, un politicien aux prises de position racistes et antisémites, qui a pratiqué la torture lors de la guerre en Algérie ou les plus hautes autorités du pays passeront elles sous silence ses turpitudes ? (...)

Macron, Bayrou : deux hommages

« On a tendance à penser que ce ne sera pas le cas mais chacun peut lire ce qu’il veut dans cette phrase, c’est du pur Macron », grince l’un de ses anciens conseillers. Pour lui, le président tente d’apparaître au dessus des partis, à la façon d’un « père de la nation ». Traduction : au peuple souverain d’apprécier l’action de Jean-Marie Le Pen. « Ça aurait pu être pire, au moins, il ne l’a pas publié sur ses réseaux sociaux », soupire un député macroniste, en référence à la réaction de François Bayrou sur les réseaux sociaux.

Le Premier ministre a en effet salué « une figure de la vie politique française », ajoutant : « On savait, en le combattant, quel combattant il était ». (...)

Une formule qui ne passe pas à gauche mais aussi dans le camp présidentiel. (...)

Le chef du gouvernement reconnaît des qualités à l’ancien patron de l’extrême droite, multi-condamné pour violences, antisémitisme et racisme, alors que la survie de son gouvernement ne tient qu’à Marine Le Pen. Reste que le laconisme de circonstance affiché par Emmanuel Macron ne peut cacher son flirt poussé avec le Rassemblement national. (...)

Emmanuel Macron, ce faux rempart contre l’extrême droite (...)

Emmanuel Macron a encore reçu avec les honneurs cet été Marine Le Pen à l’Elysée lors des consultations des groupes politiques à l’Assemblée après la dissolution, la jugeant « sérieuse et calme », selon L’Express. Manière de la légitimer comme il l’avait fait avec Jordan Bardella l’été dernier en l’accueillant lors des « Rencontres de Saint-Denis ». Son conseiller, Thierry Solère, a aussi servi « d’agent de liaison entre le camp présidentiel et le RN » (...)

« Au fond, on peut se demander si le barrage républicain n’est pas mort avec Jean-Marie Le Pen », s’interroge Jean-Bernard Gaillot-Renucci, conseiller politique et chiraquien de cœur. Avec son communiqué, Emmanuel Macron se garde bien de prendre partie sur le fond. Et pour cause, à force de brutaliser le débat public et d’affaiblir les garde-fous démocratiques, le président de la République a contribué à installer les fondamentaux de Jean-Marie Le Pen pour ses héritiers en 2027.