Après la censure de sa première tentative par le Conseil constitutionnel en août 2025, il propose de circonscrire son utilisation aux champs de betteraves, noisettes, pommes et cerises.
Le sénateur (Les Républicains) de Haute-Loire, co-auteur de la désormais célèbre loi agricole portant son nom, qui avait été partiellement censurée en août 2025, a annoncé qu’il allait déposer ce vendredi (30 janvier), au Sénat, une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser en France l’acétamipride, mais aussi le flupyradifurone. (...)
Connus pour leurs effets nocifs sur la santé et la biodiversité (notre article), ces deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes (souvent surnommés « tueurs d’abeilles ») sont officiellement interdits en France depuis 2018 – avec quelques dérogations d’utilisation jusqu’en 2023. Mais ils restent pour l’instant autorisés dans le reste de l’Union européenne, conduisant une partie du monde agricole à dénoncer une « surtransposition » des normes et une « concurrence déloyale » avec les productions voisines (notre article).
Ce nouveau texte de Laurent Duplomb se veut une réponse directe à la censure du Conseil constitutionnel, qui avait estimé le 7 août dernier que l’article 2 de la loi Duplomb sur la réintroduction de l’acétamipride était contraire à la Charte de l’environnement, « faute d’encadrement suffisant ». Le nouveau texte du sénateur doit prendre en compte les remarques des « Sages » : Laurent Duplomb explique au média agricole Le Betteravier français avoir « intégré des dates précises, des données butoirs, cité explicitement les filières concernées et détaillé les méthodes d’utilisation ». (...)
Avant la censure partielle du Conseil constitutionnel, cette première tentative de réintroduction de l’insecticide avait donné lieu à une très large mobilisation du monde associatif, de la médecine, de la science et de certains syndicats agricoles. La pétition citoyenne réclamant l’abrogation de cette loi – dont les autres articles sur le stockage d’eau ou l’élevage intensif ont été promulgués – a dépassé les deux millions de signatures. Elle doit donner lieu à un débat historique dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 11 février prochain, après que celui-ci a été une première fois reporté. (...)
En parallèle, le gouvernement prépare un nouveau projet de « loi d’urgence agricole », qui doit être dévoilé d’ici mars 2026 (...)